Les explications tronquées du Chief Executive Officer (CEO) d’Airports of Mauritius Limited, Serge Petit, à la veille de l’appel de l’affaire portant sur le Gagging Order contre les publications du groupe Le Mauricien et de l’express, ont eu pour conséquence d’enfler la polémique autour de la Nandanee Soornack Saga. Le CEO, qui avait annoncé en fanfare et repris pendant quatre heures par des stations de radio privées que Nandanee Soornack est étrangère à toute activité commerciale pour le compte d’Airway Coffee Ltd, a dû se rétracter à la confirmation réitérée dans l’édition du Mauricien, présentant la femme d’affaires et activiste du Parti travailliste en tant qu’actionnaire fondatrice de cette société. Ce matin, à l’appel de l’affaire en Chambre en Cour suprême, la décision du juge Bushan Domah de se récuser dans l’affaire du Gagging Order est venue se greffer à l’intérêt renouvelé au sujet des activités professionnelles de Nandanee Soornack. En marge de tout cela, les conseils légaux du groupe Le Mauricien, Mes Désiré Basset, Senior Counsel, et Nandraj Patten, ont saisi l’occasion de l’audience de ce matin pour remettre les pendules à l’heure par rapport aux commentaires du juge Domah sur les « political garbs » des hommes de loi.
À partir de ce matin, un autre juge, autre que le juge Domah, devra être désigné par le chef juge, Bernard Sik Yuen, pour se pencher sur la demande logée en Cour suprême par Nandanee Soornack pour que le Gagging Order contre les publications de ces deux groupes de presse soit transformée en une « perpertual injunction not to further publish and/or cause and/or allow to be published any material concerning her private life and that of her children and/or her family in their daily and/or weekly papers and/or any websites nor her photographs, caricature of her and her children’s photographs ».
Ce changement de juge s’impose suite à la décision du juge Domah de se récuser dans cette affaire. Il a annoncé cette décision aux hommes de loi des différentes parties alors que l’affaire devait être entendue une nouvelle fois. Dans sa déclaration en Chambre, le juge a motivé sa décision.
« In view of the nature of the press coverage I have received since the very beginning which continued apace after my decision on the interim order, from some of the respondents (le groupe Le Mauricien et l’express) and those supporting their position in this case, which coverage has tended to put in doubt my integrity, impartiality and independence in handling this case, I am recusing myself to hear it further », a déclaré le juge en substance.
Bushan Domah a ordonné que tout le dossier soit renvoyé au Registry de la Cour suprême en vue de permettre au chef juge de désigner un autre juge pour écouter les parties engagées dans ce litige portant sur la liberté d’expression et le droit à la vie privée.
De leur côté, Mes Basset et Patten ont tenu à faire le point suite aux précédents commentaires du juge Domah à l’effet que « I impressed upon counsel appearing for the parties, from the very first day, to shed all their political garbs and appear before me in their professional gowns ». Mes Basset et Patten, dont les services ont été retenus par le groupe Le Mauricien, se disent surpris par les remarques du juge au sujet de leur indépendance et de leur professionnalisme. Me Basset, qui fait partie de l’Electoral Supervisory Commission, s’est appesanti sur le fait que son appartenance à cette instance constitutionnelle lui impose un devoir de probité et d’intégrité à toute épreuve et à tout temps. Il a ajouté qu’en cas où il est perçu revêtu d’un « political garb », il n’a d’autre choix que de revoir sa position au sein de l’Electoral Supervisory Commission.
Me Patten a souligné qu’à aucun moment au cours de sa carrière au barreau, il n’a donné de connotations politiques à sa performance en tant qu’homme de loi et aussi pendant sa longue carrière professionnelle dans la fonction publique.
Un autre développement, qui était prévu par les parties subissant le Gagging Order est intervenu ce matin. Nandanee Soornack, par les soins de ses conseils légaux, Mes Yousuf Mohamed, Senior Counsel, et Cader Mallam-Hasham, avoué, a logé le Main Case pour réclamer une « perpetual injunction » contre les deux groupes de presse susmentionnés.
Dans la Plaint With Summons déposée en Cour suprême, la femme d’affaires et activiste politique rouge reprend essentiellement les mêmes arguments que dans l’affidavit du samedi 5 janvier, notamment « a crusade against her and also her children which constitute an intrusion in her private life and her family ».
Nandanee Soornack revient sur le fait que « she is not a public figure whose influence radiates in the public offices of the country to warrant an intrusion in her private life and that of her children ». Elle prend également pour cible les leaders du remake 2000, sir Anerood Jugnauth et Paul Bérenger, qui ont fait des commentaires sur elle, ses affaires personnelles et professionnelles et le Gagging Order du juge Domah.
Nandanee Soornack soutient que « it is in the general public interest that her private life and privacy be respected and protected » et que l’agenda des deux groupes de presse est de « create sensation in the public and sell their newspapers in increasing volume by painting plaintiff as someone not deserving any respect and privacy. »