« L’indifférence du ministre de la Santé, qui ne montre aucun intérêt à rencontrer les syndicats, nous préoccupe. La santé n’a pas de prix. On déplore l’arrogance du ministre. » C’est ce qu’a déclaré le président de la Federation of Civil Service and Other Unions (FCSOU) aujourd’hui lors d’un point de presse de la Ministry of Health Employees Union (MHEU), une de ses affiliées. De son côté, le président de la MHEU, Amaljeet Seetohul, a soutenu qu’un « amendement à l’Occupational Safety and Health Act (OSHA) est nécessaire car, actuellement, la loi ne peut rien contre l’État si ce dernier a commis une faute ». Le syndicat a par ailleurs rappelé l’importance d’un environnement sain pour le personnel hospitalier, comme préconisé par le Bureau international du travail (BIT).
Le 28 avril a été décrété Journée mondiale pour la Sécurité et la Santé au travail par le BIT. Le thème, cette année, est axé sur le stress au travail. Le président de la MHEU, Amaljeet Seetohul, explique : « La mondialisation a apporté des changements drastiques dans le monde du travail. Les employés doivent travailler de longues heures et la direction attend beaucoup plus en termes de productivité. Or, si les travailleurs n’ont pas l’encadrement voulu, ils sont exposés à des maladies qu’on appelle “occupational diseases”. La survie de l’économie repose sur la classe des travailleurs et c’est pourquoi les employeurs doivent s’assurer que les employés jouissent d’une bonne santé physique et psychique. »
Le président de la MHEU souligne que, selon des recherches, ainsi que le révèle le BIT, « le stress au travail est devenu un problème majeur, ce qui peut avoir un impact sur l’économie d’un pays, notamment à travers les dépenses de la Sécurité sociale ». Les divers types de stress sont, ajoute-t-il, l’absence de motivation au travail, un environnement qui ne respecte pas les normes nécessaires, « où le travailleur est exposé aux risques d’accidents ou de maladies chroniques ». Et de poursuivre : « Un exemple récent est la publication du rapport PRB, un des pires que nous ayons eus et suite à laquelle les Health Care Assistants se sont sentis dévalorisés. Ceux-ci ne sont éligibles à aucune promotion dans leur carrière. Ils sont exploités et se trouvent dans la hiérarchie des infirmiers alors qu’ils ne sont pas reconnus en tant que tels. Ils n’ont par ailleurs pas eu leur dû en termes de révision salariale. »
Le président de la MHEU est par ailleurs intervenu sur la violence contre le personnel hospitalier. Il déplore que, dans ce contexte, « il n’y ait eu aucune négociation, comme le recommande le BIT, pour résoudre un problème », avant d’ajouter : « Aujourd’hui, le personnel hospitalier est exposé à des risques. Mais malgré les sollicitations auprès du ministère de tutelle, nous n’avons reçu aucune réunion pour résoudre ce problème. Cela crée un stress considérable et constitue un facteur qui affecte la productivité. » Lors d’une réunion il y a trois ans, souligne M. Seetohul, « nous avions proposé des centres de fitness pour le personnel hospitalier en vue d’apporter une stabilité psychique et des cours de méditation pour aider à évacuer le stress » Ce n’est pas tout : « Nous avions aussi proposé une carte de santé pour chaque membre du personnel. Mais le ministère est demeuré indifférent à nos propositions. »
S’agissant de l’environnement au travail justement, le président de la MHEU fait ressortir : « Il y a toujours des problèmes de ventilation et d’hygiène. Par exemple, à l’hôpital de Moka, la Ward II date de l’époque coloniale et est complètement vétuste. La toiture coule et l’état du bâtiment ne répond aucunement à l’Occupational Safety and Health Act (OSHA). »
« L’OSHA (en vigueur depuis 2005, Ndlr) est censée protéger les travailleurs sur leur lieu de travail, mais elle ne peut aller à l’encontre de l’État si celui-ci a failli dans son rôle. Il est donc important d’amender cette loi. » Intervenant également lors de cette conférence de presse de la MHEU, Narendranath Gopee, président de la FCSOU, a déploré « l’arrogance » du ministre Anil Gayan. « L’Employment Relations Act prévoit qu’il y ait des comités conjoints au niveau de tous les ministères, et ce à intervalles réguliers, dans l’intérêt des employés. Ici, nous parlons de la santé des patients. C’est une chose qui n’a pas de prix ! Nous mettons en garde le ministre. De la même manière que les travailleurs se sont unis pour l’élire, nous pouvons nous unir pour le faire partir. Nous avons écrit au Premier ministre, mais il semble que rien n’ait été fait pour ramener son ministre à l’ordre. Nous réitérons notre appel au Premier ministre pour qu’il fasse le pont entre le ministère de la Santé et les syndicats. »