Après les Hugh Bowman, Damien Oliver, Chris Munce, Corey Brown et autres c’est maintenant au tour de Nash Rawiller de venir représenter l’Australie lors de ce week-end international. Les Mauriciens vont découvrir en Nash Rawiller un jockey longiligne qui a un style à la Mick Dittman des années 80 en fin de course. Nash Rawiller qui fêtera ses 39 printemps la semaine prochaine a débuté sa carrière à Melbourne où il est né et a monté en France, en Grande-Bretagne, Hong Kong, Italie, Nouvelle- Zélande, Singapour et en Arabie Saoudite.
C’est dans ce dernier pays que sa carrière a réellement pris de l’envol en 2005 après sa monte victorieuse sur Elvstroem dans le Dubaï Duty Free sur l’hippodrome de Nada. Ce coursier lui avait auparavant donné du succès dans la Caulfield Cup et les Turnbull Stakes en 2004.
A la surprise générale, l’entraîneur Gai Waterhouse a fait de Nash Rawiller son jockey numéro un en 2007. Dès lors, Nash Rawiller a commencé à se faire un nom, car il avait de bons chevaux et il ne fallait pas rater le coup. On dit souvent que « Good horses make good jockeys » et là Rawiller en a profité pour gagner des courses et devenir un jockey envié par ses pairs à Sydney où il a été couronné en trois occasions. Il a piloté plus de cent gagnants au cours de quatre saisons d’affilée dont 296 pour le compte de Gai Waterhouse. Il compte à ce jour 1463 victoires pour 7452 montes et un total de 50 victoires de Groupe 1. Si Elvstroem a mis Rawiller sur orbite, en revanche, la jument More Joyous lui a donné 18 victoires lors de sa carrière. Pierro, de son côté, lui a permis de remporter dix victoires dont le Triple Crown à Sydney en 2012.
Si Nash Rawiller a connu du succès au cours des dernières années, en revanche, sa carrière est à la croisée des chemins car les rumeurs veulent qu’il ne soit plus à l’éta blissement Gai Waterhouse suite à certaines de ses montes au cours de l’année écoulée. La goutte d’eau qui a fait déborder le vase est sa mauvaise monte sur Fiorente dans les Turnbull Stakes et il s’est fait virer par les propriétaires. Cela lui a coûté cher car ce même Fiorente est venu remporter la Melbourne Cup. Il faut dire que Rawiller n’a pas eu les coudées franches depuis juillet 2012, car trop souvent il a montré ses faiblesses sur des chevaux qui, aux yeux des turfistes, n’ont pas bénéficié de la meilleure monte qui soit. Nous avons en mémoire sa monte sur More Joyous en deux occasions et Pierro quand celui-ci a connu sa première défaite. Toutefois, il s’est bien repris car au cours du dernier carnaval, il a pu remporter trois épreuves de groupe 1 sur Solzhenitsyn, Red Tracer et Kirramosa.
Si Nash Rawiller est un jockey qui a connu du succès, c’est aussi grâce à ces bons chevaux qu’il avait sous la main. Toutefois, nous hésiterons à le placer au rang des grands jockeys australiens car il commet trop d’erreurs de jugement lors de ses montes et il est un jockey qui arrive difficilement à renverser une situation délicate dans une course.
Sa force, c’est qu’il est un jockey qui pilote ses chevaux avec vigueur en fin de course et quand ceux-ci trouvent le jour en ligne droite il est intraitable avec la force de ses poignets. Un véritable plaisir à le voir guider ses chevaux vers l’arrivée. Souhaitons qu’il puisse s’adapter au Champ de Mars, car s’il a le bonheur d’avoir un cheval avec une chance de victoire dans les derniers 250 mètres, alors là, il faudra admirer son style.