« Il y a eu un malentendu. La MFPWA a dit qu’il faut que les couples aient suffisamment d’enfants, et non pas beaucoup d’enfants », tient à préciser d’emblée la directrice de la Mauritius Family Planning and Welfare Association (MFPWA), Vidya Charan. Partant du constat que, d’une part, il y a une baisse de fertilité chez certains couples alors que, chez d’autres, les femmes sont réticentes à reproduire en raison de leurs obligations professionnelles, la MFPWA estime que le Budget 2016-17 « devrait prévoir plus de facilités pour encourager les familles à avoir au moins deux enfants ».
Aujourd’hui, fait voir Vidya Charan, le taux de reproduction stagne autour de 1,34 enfant par couple, contre 2,03 enfants en 1997. « Ce qui signifie qu’actuellement, 100 couples, donc 200 personnes, sont en train d’avoir 130 enfants, ce qui implique qu’ils n’arrivent pas à atteindre le renouvellement des générations. Pour un bon équilibre, 200 personnes (100 couples) auraient dû engendrer 210 enfants. C’est pourquoi on veut revenir au taux de 2,1 enfants par couple. » L’intérêt est non seulement de renouveler la population, mais d’assurer l’avenir de la masse travailleuse, et donc d’assurer la pérennité de l’économie.
C’est ainsi que, dans le cadre du prochain exercice budgétaire, l’association demande au gouvernement certaines facilités qui pourraient faire changer d’avis les couples réticents à avoir des enfants. Selon la MFPWA, il faudrait d’abord introduire le “flexi-time”, que ce soit dans le public ou dans le privé. « Ensuite, il faudrait une baisse au niveau des prix des équipements pour bébé, comme le lait infantile, les aliments pour bébé, les couches, etc. De même, nous recommandons une baisse des prix sur les médicaments pour nourrissons de même que pour les femmes pendant et après leur grossesse. » De plus, la MFPWA demande l’allongement de la période de congé maternité et « de considérer le congé paternité en vue d’encourager les hommes à assumer leurs responsabilités de père ».
Vidya Charan explique : « Si les couples ont deux à trois enfants, c’est bon. Si le gouvernement pouvait encourager les parents ayant deux à trois enfants en ce sens en repoussant le plafond des revenus pour l’exonération de la taxe, ce serait bien. » Un service de garderie à proximité du lieu de travail des parents est aussi suggéré. « D’un autre côté, il y a des couples désireux d’avoir des enfants mais qui ne le peuvent pas à cause de problèmes d’infertilité. Si le gouvernement peut réduire le coût des traitements pour ces couples, cela pourrait aider. Nous demandons aussi que le gouvernement assouplisse la loi concernant l’adoption. »
Selon Vidya Charan, « cela prendra certes un peu de temps avant que l’on puisse réduire le dysfonctionnement démographique » qui existe actuellement. « Mais, déjà, on sensibilise le public sur l’importance de rétablir l’équilibre. Le gouvernement met beaucoup de projets en chantier en vue de créer des emplois, mais toute la question du renouvellement des générations, et donc de la natalité, y est étroitement liée. »