Comme c’est souvent le cas dans les conflits qui gangrènent le sport mauricien, il est toujours bon d’aller chercher des solutions ailleurs aux détriments de celles qu’on a sous la main. C’est le cas de le dire après l’accord trouvé entre le ministre de la Jeunesse et des Sports et le président de la Fédération Internationale de Natation (FINA) pour sortir la fédération locale de l’impasse. Le ministre Devanand Ritoo et  l’Uruguayen Julio Maglione qui se sont rencontrés mercredi au Hilton Hotel durant 50 minutes se  sont mis d’accord pour que la Fédération mauricienne de Natation, qui s’est retrouvée en situation illégale et qui a perdu sa reconnaissance du MJS, organise des nouvelles élections. Des élections dans les régions d’abord avant de lancer celles sur le plan natation qui pourraient être supervisées par Sam Ramsamy, vice-président de la FINA et de la CANA. Même si le Sports Act donne à chaque fédération 4 mois après les Jeux Olympiques pour organiser une assemblée générale élective, par contre la FINA a parlé d’un délai de six mois.
C’est, pour l’heure, les informations essentielles qui ont transpiré de cette rencontre Ritoo-Maglione et il va sans dire qu’une lettre de la FINA est attendue dans les jours qui viennent pour confirmer. Et surtout pour savoir les conditions attachées à cette décision, que la FINA avait pourtant refusée durant ces derniers mois de négociations par voie de courrier. «Cette réunion avec le président Maglione, qui avait à ses côtés le directeur exécutif de la FINA, Cornel Marculescu, a été plus que cordiale. Il y avait chez le président de la FINA une volonté de trouver une solution. Du reste, moi aussi j’ai accepté cette rencontre dans l’unique but de trouver une solution. Je suis heureux de constater que la solution qui a été trouvée, qui est l’organisation des nouvelles élections au sein de la FMN à partir des régions, est venue de la FINA elle-même», avance le ministre au téléphone vendredi soir.
Devanand Ritoo veut insister si le fait que «cette volonté pour trouver une solution pour tirer la FMN d’une situation illégale n’est pas une victoire, même si comme tout le monde sait que le MJS avait proposé, à un certain moment,  cette solution. Maintenant, il s’agit bien de remettre la natation sur les rails, mais avant attendons les directives complètes de la FINA et j’espère qu’elles viendront très vite.»
Aux clubs d’agir
En effet, comme le temps presse afin de donner des couleurs à ce sport  qui, faute de certains dirigeants irresponsables,  s’est retrouvé en situation d’irrégularité, il n’est certainement pas nécessaire d’attendre six mois pour remettre la FMN sur les rails. Si les six mois dont parle la FINA est une règle olympique par contre le Sports Act parle de 4 mois pour qu’une fédération organise son assemblée de renouvellement. Et le MJS, s’il peut donc accélérer les choses sur le plan légal… Faut-il quand même que les clubs de natation — les fameux swimming people dont parle la FINA — prennent leur destin en mains en décidant d’agir pour remettre leur fédération sur les rails. Le plus vite qu’ils décident d’agir le mieux c’est, puisque selon les statuts de la FMN, l’actuel comité est déjà démissionnaire.
Le président du Comité Olympique Mauricien (COM), dont on explique toujours mal  l’absence lors de la réunion entre  Ritoo et Maglione, salue néanmoins la solution qui a été trouvée. «Même si je persiste à croire que le COM aurait dû être présent dans cette réunion, c’est une bonne chose que cette solution a été trouvée. Organiser des nouvelles élections au sein de la FMN veut dire que nous allons finir une bonne fois pour toutes avec cette situation et avoir un comité en bonne et due forme. Mais je le redis, on a frôlé la suspension», a soutenu hier matin au téléphone Philippe Hao Tin Voon, qui se trouve lui aussi à Londres.