Le Clos, un petit génie qui défie le géant Phelps. Avant cette fameuse finale du 200m papillon, mardi soir, à Londres, Chad Guy Bertrand Le Clos était un inconnu des Mauriciens. Pourtant, à 20 ans seulement, ce Sud-Africain, né de père mauricien, Bertrand Le Clos, s’offrait le scalp du légendaire nageur américain de Baltimore, Michael Phelps, au 200m papillon. Vendredi soir, il a remporté l’argent au 100m papillon. Tout simplement fabuleux pour celui que la presse internationale considère comme le digne héritier de l’Américain sur 100 et 200m papillon.
Au départ de ce 200m papillon, mardi soir, peu de personnes auraient pensé qu’un jeune de 20 ans allait pouvoir faire tomber le monument Phelps, qui, depuis, est devenu l’athlète le plus titré des Jeux avec 21 médailles, dont 17 en or.  Seuls ses parents, Bertrand et Géraldine, y ont cru, ainsi que  ses proches à Maurice. Au final, le Sud-Africain d’origine mauricienne s’est imposé dans le temps de 1:52.96 devant Michael Phelps (1:53.01). Une victoire qui n’est certainement pas le fruit du hasard, puisqu’en 2010, alors âgé de 18 ans, Chad Le Clos faisait parler de lui aux Championnats du monde Elite en petit bassin, aux Jeux du Commonwealth en Inde, puis aux Jeux olympiques de la jeunesse à Singapour. L’année dernière, il a brillé de mille feux aux Jeux d’Afrique, au Mozambique.
A Maurice,  c’est l’euphorie, comme en témoigne Marinette Lauratet, un des rares membres de la famille Le Clos vivant toujours sur le territoire : « nous avons frôlé la crise cardiaque et nous n’avons pu retenir nos larmes de joie. Cette arrivée des plus serrées a été un moment intense et, depuis, nous ne cessons de recevoir des messages de félicitations de parents et amis. »
C’est vers le milieu des années 60 que Bertrand Le Clos, qui a vécu les cinq premières années à Maurice, émigre avec sa famille en Afrique du Sud. Après ses études, il s’est marié avec une Sud-Africaine, Géraldine, et de cette union sont nés Chad et Jordan (14 ans). « I’ll support my brother in every way possible. It is very important to have family love and support. Chad have got lots of it », a fait remarquer Jordan. Ce qui témoigne ainsi de la stabilité dont jouit Chad, un élément très important dans la progression et la réussite d’un athlète.
Malgré la distance, les Le Clos sont toujours restés très proches avec les membres de leurs familles à Maurice comme l’a indiqué Maxime Giblot Ducray, grand cousin de Chad. « Quand Bertrand se trouve avec ses proches, il devient fou de joie. Je me souviens d’une de nos rencontres en Afrique du Sud en présence de tous les cousins. Le déjeuner avait débuté à 11h du matin pour se terminer à 4h le lendemain », a-t-il expliqué.
Il convient de souligner que Chad Le Clos s’est d’abord essayé au football, mais a abandonné en raison d’une blessure pour se consacrer à la natation. Au Westville Boys High School, il fait montre de son potentiel et a ensuite explosé. Sa force et sa détermination dans le sport font rappeler ses proches; son grand-père, Guy, ancien secrétaire-général de la Mauritius Sports Association, alors que son grand-oncle Henri était lui champion national au lancer du poids pendant de longues années. « C’était un solide gaillard de plus de 100 kg et à qui on faisait appel pour empoigner de force ceux qui créaient du désordre dans l’ancien cinéma Empire à Curepipe », se remémore Paul Giblot Ducray, autre grand oncle et ancien culturiste de renom.