Quand Chad Guy Bertrand Le Clos voit le jour le 12 avril 1992 à Durban en Afrique du Sud, son père Bertrand fait paraître cette annonce dans un quotidien local : « The lion roars. » Il ne croyait pas si bien dire. Vingt ans après, ce nageur, né de père mauricien, a fait cette fois les gros titres des journaux du monde entier suite à son succès mardi en finale du 200 m papillon lors des Jeux Olympiques de Londres. Une performance d’autant plus retentissante que ce succès a été acquis aux dépens du phénomène américain Michael Phelps.
Un des rares membres de la famille Le Clos vivant encore à Maurice, Marinette Lauratet se trouve encore sous le coup de l’émotion. « Nous avons frôlé la crise cardiaque et nous n’avons pu retenir des larmes de joie. Cette arrivée des plus serrées a été un moment intense et, depuis, nous ne cessons de recevoir des messages de félicitations de parents et d’amis. »
Concernant Chad qui n’est autre que son petit cousin, elle dira : « Il est venu à Maurice en deux ou trois occasions. Je crois comprendre qu’il est un garçon très humble et simple, et qui n’a pas la grosse tête malgré sa notoriété. De plus, il est très attaché à sa famille. »
Une famille qui a tenté sa chance en Afrique du Sud vers le milieu des années 1960. Le père, Bertrand, qui a vécu les cinq premières années de sa vie à Maurice, a effectué ses études dans son pays d’adoption et a convolé en justes noces par la suite avec une Sud-Africaine. De leur union sont nés Chad et Jordan, aujourd’hui âgé de 14 ans.
Au sein de la famille Le Clos, les liens sont solides. Comme le confirme Jordan. « I’ll support my brother in every way possible. It is very important to have family love and support. Chad has got lots of it. » Des propos corroborés par Maxime Giblot Ducray, grand cousin de Chad. « Quand Bertrand se retrouve avec ses proches, il devient fou de bonheur. Je me souviens d’une de nos rencontres en Afrique du Sud en présence de tous les cousins. Le déjeuner avait débuté à 11h du matin pour se terminer à 4h le lendemain. »
D’ailleurs, Bertrand Le Clos et son épouse, Geraldine, avaient réservé leurs tickets pour les Jeux Olympiques plusieurs mois à l’avance. Leur fils avait obtenu sa qualification dans six épreuves et s’apprêtait à écrire l’histoire.
Avec Marinette Lauratet, c’est également l’occasion d’évoquer le parcours sportif de Chad. Un jeune qui avait dans un premier temps tenté sa chance au football, avant de raccrocher ses crampons suite à une blessure pour s’adonner à la natation.
Au Westville Boys’ High School, il fait montre d’un potentiel certain, et se fera remarquer lors des échéances d’envergure telles que les Jeux d’Afrique, les Jeux du Commonwealth et les Jeux Olympiques des Jeunes. Il recevra également la récompense de Sports Person of the Year en 2010, qui concerne les meilleurs sportifs des différentes institutions secondaires. Aujourd’hui, il a pu vaincre celui qu’il considère comme son idole, alors qu’il pensait n’être véritablement performant qu’aux prochains Jeux Olympiques à Rio.
Et si au bout du compte la passion sportive de Chad Le Clos et son tempérament de battant avaient été engendrés par ses grands-parents ? Son grand-père, Guy, était le secrétaire général de la Mauritius Sports Association, alors que son grand-oncle Henri était une véritable force de la nature.
« Henri était un solide gaillard de plus de 100 kg et avait détenu le record national du lancer du poids pendant de longues années. Il était celui à qui on faisait appel pour empoigner de force ceux qui créaient du désordre dans l’ancien cinéma Empire à Curepipe », se souvient Paul Gilblot Ducray, autre grand oncle et lui-même ancien culturiste de renom.
Ce seront donc des parents avides de vivre de nouvelles émotions qui seront devant leur télévision ce soir. À 22h40, ils supporteront de la voix et du regard Chad Le Clos, qui défiera Michael Phelps en finale du 100 m papillon. L’occasion d’effectuer un nouveau pas dans la légende.