Aux derniers Jeux Olympiques de Londres, Chad Le Clos avait réalisé une percée spectaculaire sur la scène de la natation mondiale. De par son succès pour le moins inespéré au 200 m papillon et acquis aux dépens du phénoménal Michael Phelps, le Sud-Africain né de père mauricien a déjà acquis une certaine notoriété à 20 ans. En vacances à Maurice au début de ce mois, celui qui a également décroché la médaille d’argent au 100 m papillon revit cette épopée qui l’a conduit vers les sommets.
Chad Le Clos était loin d’être le favori de ce 200 m papillon. « Aucun spécialiste ne lui donnait une chance de vaincre. D’ailleurs, chez les bookies, il était côté à 66-1 », avance son père, Bertrand, qui fait également office de manager. Cependant, ce dernier de même que son entraîneur étaient les suels à croire que l’exploit était possible. « Ce n’est qu’à 2 m du mur que j’ai compris que je pouvais gagner », soutient de son côté Chad Le Clos.
La victoire et ensuite l’euphorie. « Vous ne pouvez imaginer des moments aussi intenses. Face à ces grands de la natation mondiale, vous vous sentez petit au début. À ce moment, on se dit que le bronze suffit à votre bonheur. Mais voilà que vos gagnez. C’est inimaginable. À ce moment, vous vous dites qu’il vaut mieux être pauvre et décrocher la médaille d’or que d’avoir en sa possession un milliard de dollars. »
Encore sur son nuage, il s’attaquait quelques jours plus tard à la finale du 100 m papillon. La confiance s’était entretemps décuplée. « Quand on remporte une médaille d’or, on veut sans doute en avoir une autre. D’autant que tout peut arriver au cours d’une finale. » Cependant, cette fois, Michael Phelps se révélait le plus fort.
Reste que Chad Le Clos sera accueilli comme un héros à son retour en Afrique du Sud. « C’était tout simplement incroyable. Des milliers de gens étaient présents et scandaient mon nom. Il y avait même des garçons en bas âge », souligne-t-il. « Et aussi de très jolies filles », renchérit son père dans un grand éclat de rire.
Même s’il a la tête encore dans les nuages, le héros veut tout de même garder les pieds sur terre. « Ceux qui parlent de moi comme le nouveau Michael Phelps se trompent. Je veux rester Chad Le Clos. Celui qui adore le surf, les belles plages et surtout qui s’épanouit au sein d’une famille unie. » Et d’ajouter que ce sera extrêmement difficile pour lui d’égaler son idole, du fait que ce dernier faisait partie de relais très performants.
Au bout du compte, ce rêve de gosse a pu se réaliser à force de sacrifices et détermination. « Dans la piscine, on se retrouve seul, livré à soi-même, contrairement à quelqu’un qui pratique un sport collectif. Il faut alors se donner à fond aux séances d’entraînement, oublier toute souffrance, être discipliné et avoir foi dans l’objectif fixé », explique Chad Le Clos quant à sa réussite.
Autant de qualités qui le poussent désormais à viser plus haut. « Ce n’est que le début. Maintenant, je ne peux que m’améliorer, car je suis encore jeune et je n’ai pas encore atteint mon summum. À Rio, en 2016, je souhaite que ce soit l’explosion. » En attendant, il tentera d’être à la hauteur de la situation aux World Cup Series prévus dans un premier temps en Europe le mois prochain.
Lors de ses vacances à Maurice, Chad Le Clos a eu l’occasion ces derniers jours de rencontrer quelques proches. L’occasion pour ses parents et lui de retrouver une ambiance familiale dans cette île qu’il qualifie volontiers de « second home », en attendant d’y revenir dans un proche avenir pour s’entraîner avec la sélection nationale pendant une semaine. L’occasion pour les nageurs mauriciens de côtoyer un jeune bourré de talent, mais ô combien ambitieux et simple.