Pour s’assurer d’une qualification aux Jeux olympiques de Rio au Brésil, l’année prochaine, le nageur Bradley Vincent devra obligatoirement réaliser les minima A sur 100m nage libre (48:99). Pour se faire, il pourra compter sur le soutien du Trust Fund for Excellence in Sports (TFES) qui s’est vu remettre un chèque de Rs 500 000 de Lottotech. Après avoir réalisé les minima B (50:70) pour les JO avec un chrono de 50:39 aux Jeux d’Afrique et un record national à la clé, Bradley Vincent a amélioré sa marque (50:34) au cours de la semaine écoulée, à Doha, en terminant cinquième de sa série, remportée par le Sud-Africain Caydon Muller (49:70) devant son compatriote Chad Le Clos (50:10). Le Français Yannick Agnel (50.12) a, lui, terminé troisième devant le Serbe Velimir Stjepanovic (50.19). Au 50m nage libre, il a réalisé un chrono de 23:09, soit le 12e meilleur temps, pas suffisant pour atteindre les finales également.
Au delà de ces performances, l’histoire de Bradley Vincent est tout simplement fascinante, voire unique. Après avoir vécu en Afrique du Sud, puis pendant un très long moment aux Seychelles, c’est à Maurice qu’il a posé ses valises avec ses parents et sa soeur Mélissa. A 23 ans seulement, il dit avoir entamé sa carrière alors qu’il avait 21 ans ! Impensable. Et pourtant, il a aujourd’hui réalisé les minima B au 100m nage libre pour les Jeux olympiques.  » Même au plus haut niveau, ils sont peu nombreux à avoir réalisé ce que j’ai accompli en moins de trois ans. C’est vraiment incroyable, c’est fantastique. C’est comme ça « , déclare-t-il avec un grand sourire. A le voir, on dirait que Bradley Vincent prend beaucoup de plaisir à ce qu’il fait. La pression, elle, ne semble pas l’atteindre.
 » J’ai commencé la natation il y a moins de trois ans et j’ai même dû m’arrêter pendant six mois en raison d’une intervention chirurgicale à l’épaule. Ce n’est qu’en janvier dernier que j’ai repris. Réaliser les minima B pour les JO est une chose extraordinaire quand je pense que les nageurs de niveau mondial s’entraînent depuis l’âge de 8 ans « , avance-t-il. N’a-t-il donc jamais fait du sport de haut niveau avant ses 21 ans ? « Pas vraiment. J’ai nagé un peu, mais cela remontait à très longtemps. J’ai joué au basket-ball comme ça dans les cités et fait un peu de surf. Sans plus. « 
Pourtant, sa soeur Mélissa a été nageuse et a défendu les couleurs mauriciennes à maintes reprises dans des compétitions internationales. Il nous dira d’ailleurs que c’est sa soeur qui lui a conseillé la natation.  » Un jour, Mélissa m’a demandé d’aller voir Michael Glover. J’oublierai jamais ce jour-là, car en entrant dans son bureau, il m’a demandé la dernière fois que j’avais nagé et je lui ai répondu: lorsque j’avais 8 ans ! « , se remémore-t-il en souriant.  Après avoir été en demi-finale des Jeux du Commonwealth l’année dernière en Ecosse, il vise maintenant plus haut, notamment aux minima A et ensuite, pourquoi pas…une demi-finale olympique.