La vengeance est un plat qui se mange froid dit l’adage. Certainement  Doreen Tiborcz l’ex-présidente de la Fédération mauricienne de Natation (FMN) ne nous dira pas le contraire avec la série d’évènements qui a touché son club, le CNP (Club Natation du Pavillon), depuis juillet dernier et le dernier en date, la nouvelle allocation des couloirs à la piscine de Quatre-Bonres, située dans le complexe sportif Jean-Roland Delaître. On peut déjà parler du premier couac de la présidence d’Harold Lai
Après une opération «leve paké aller» de la piscine Serge Alfred après y avoir fonctionné pendant 7 ans, le CNP se retrouve à la piscine de Quatre Bornes depuis le début d’août dernier avec deux couloirs de 25m comme indiqué dans une lettre signée de Dorine Pydiah, la secrétaire administrative de la FMN. Mais de juillet à ce jour, les choses ont encore évolué, toujours de façon négative. Puisque la FMN, par la plume  cette fois de Dominique Seeyave le 18 octobre, indique qu’à partir du 1er novembre, le CNP disposera uniquement d’un couloir de 25 mètres de 17h à 19h. Une baisse de 50% qui intervient en moins de deux mois et demi et qui visiblement pue  l’intervention pour de pas dire  l’ingérence du ministère des Sports dans les affaires de la FMN, qui, du coup, s’est transformée en complice complaisant.
Comme Week-End avait indiqué dans notre rubrique «ON EN PARLERA DEMAIN», le nouvel exercice d’allocation des couloirs de la Fédération mauricienne de Natation était une démarche sous influence. Les faits ont confirmé notre information, comme celle également qui laissait comprendre qu’une «punition» était dans le pipeline contre le club de Doreen Tiborcz, le CNP. La confirmation de notre information est tombée dans une lettre en date du 18 octobre 2013 portant la signature de Dominique (ndlr: Seeyave) sur un papier sans entête de la FMN pour annoncer au CNP que désormais le club de l’ex-présidente de la fédération n’aura pas deux mais un seul couloir entre 17h et 19hres. Au profit du CNQB qui dispose désormais de 5 couloirs  à l’heure où les clubs font  la formation de ces jeunes nageurs. Par contre, entre 19h et 19h45, le CNP conserve ses deux couloirs.
Pourquoi ce brusque changement, alors que le 24 juillet, soit 87  jours plus tôt, ce même FMN qui avait accordé deux couloirs au CNP après son arrivée à Quatre-Bornes? La réponse se trouve, en effet, dans la lettre de Dominique Seeyave du 18 octobre où la secrétaire de la FMN explique que (1) sa fédération a été «instructed» par le ministère de la Jeunesse et des Sports de faire une nouvelle allocation de couloirs et que (2) cette nouvelle allocation a été nécessaire selon le MJS parce que 17 «competition swimmers» ont quitté le CNP pour rejoindre le CNQB. Et comme le ridicule ne tue pas, la secrétaire de la FMN vient aussi dire dans sa lettre qu’elle rassure «one and all that this reallocation of swimming lanes at Le Pavillon Swimming Pool has been effected in the interest of competition swimmers.»
Est-ce les vraies raisons?
A moins que Dominique Seeyave prend des vessies pour des lanternes ou mieux toute la FMN d’Harold Lai veut nous faire avaler une couleuvre, il va sans dire que cet exercice n’est qu’une démarche pour «punir» Doreen Tiborcz pour son lourd passif de ces deux dernières années. D’abord essayons d’appeler un chat un chat en ce quelques points:
Primo: Si Dominique Seeyave était absolument certaine que cette «reallocation»
a été faite dans l’intérêt des nageurs de compétition pourquoi a-t-elle senti le besoin de le préciser dans sa lettre? Autant que nous sachions, une allocation de couloirs  n’est pas basée uniquement sur les nageurs de compétition, sinon le CSSC, Blue Bay ou encore CASA n’auraient pas eu deux couloirs à la piscine de Mare d’Albert comme il a été décidé par le DTN, Philippe Pascal, dans son exercice d’allocation de couloirs adopté par la FMN. Si telle était effectivement le cas, Bupad n’aurait pas eu le jackpot pour occuper à lui seul la piscine de Rivière du Rempart, tout comme Pamplemousses Dolphin SC n’aurait pas eu deux couloirs à la piscine du Souvenir à une heure de pointe. Secundo: l’opération «leve paké aller» du CNP de Beau-Bassin à Quatre Bornes — même si effectivement  nous pensons il était temps que le CNP bouge sur ses vraies terres — ne peut se faire du jour au lendemain d’une part, et d’autre part il y a ce qu’on appelle la période d’adaptation et la mise en place à faire. Encore une fois, il semblerait que le MJS qui a «instructed» la FMN de mener un nouvel exercice d’allocation n’a considéré que les départs au sein du CNP pour agir. Alors que qui dit départ dit aussi arrivée, comme c’est toujours le cas au sein des clubs de natation et dans n’importe quel club de sport du reste.
A qui profite le crime?
Reste encore la question à qui profite le crime? Le départ du CNP, qui occupait deux couloirs,  à la piscine Serge Alfred laisse de la place aux autres clubs à savoir la BBASA, CAMO, CDS, PLAZA et CAPL. BBASA et PLAZA sont les deux doigts d’une seule main, celle de Richard Meeterjoye dont le club n’a qu’une seule nageuse de 500 points qui se trouve… aux États-Unis. CDS, qui dispose d’un couloir a déjà annoncé la couleur  avec des entraînements uniquement les mardis, jeudis et samedis. Alors que CAPL est si insignifiant aux yeux du DTN que ce club ne dispose que d’un couloir et ce, que les samedis. Ce qui veut dire en clair qu’il reste, très souvent, deux à trois couloirs de libre entre 17h et 19h. Devinez qui fait travailler ses nageurs dans ces couloirs? C’est ce qu’on appelle gagner le jackpot sans avoir les numéros gagnants.
Tertio: Où la FMN d’Harold Lai a trouvé que 17 nageurs ont quitté le CNP pour le CNQB? Est-ce que la FMN a délivré 17 nouvelles licences à ces nageurs? Si tel est le cas, il va sans dire que la nouvelle FMN viole sans conscience ses propres règles qui disent que seulement deux transferts sont autorisés durant la saison. Donc logiquement ces 15 autres nageurs ne peuvent être considérés comme des éléments sous licence avec le CNQB. Dans cette guerre des chiffres, il faut savoir que dans une lettre de protestation (voir hors texte), le CNP explique que seulement 10 nageurs ont quitté le club. Alors qui dit vrai dans cette affaire?
Quarto: En acceptant les instructions du ministère de la Jeunesse et des Sports pour prendre une décision contre un de ses membres, la FMN n’a-t-elle pas laissé ce même ministère s’ingérer dans une affaire technique propre à la fédération? Certes, les piscines à Maurice appartiennent à l’Etat, donc gérées par le MJS. Reste que l’allocation des couloirs attribués selon des critiques techniques — puisque c’est le DTN qui fait ce travail — et de ce fait la FMN, si elle est jalouse de son indépendance, ne peut accepter d’être «instructed» par le MJS sur cette affaire.
Les nageurs pénalisés
Car la décision de «punir» le CNP a été prise lors d’une réunion au sommet au Mauritius Sports Council (MSC) à Belle Rose le jeudi 10 octobre 2013 entre le senior sport officer (SSO)  Dev Putty — qui pourtant n’est plus responsable du dossier de natation au MJS — le DTN, Philippe Pascal, et le secrétaire général de la FMN, Dominique Seeyave. Nous avons pour preuve un courrier électronique portant la signature du Managing Secretary du MSC, P. Ujoodha dans lequel il est clairement mentionné «it was agreed that 5 lanes would be allocated to CNQB and 1 lane to CNP (17h00 to 19h00) as from 1st November 2013.»
La machine pour «étouffer» ce club était donc en marche et 8 jours après, la FMN d’Harold Lai mettait à exécution ce plan machiavélique. On comprend mieux pourquoi d’une part la FMN a pris tout son temps pour venir avec ses nouvelles allocation de couloirs et d’autre part pourquoi lors de la dernière conversation téléphonique avec le président de la FMN, pourquoi il a insisté que selon lui «les couloirs doivent suivent les nageurs».
Un fait important semble avoir été oublié dans ce premier couac, pour ne pas dire scandale, de la présidence d’Harold Lai, ce sont les nageurs qui sont pénalisés en premier lieu et personne d’autres..