Qui sème le vent récolte la tempête dit l’adage. La présidente du comité illégal de la Fédération mauricienne de Natation (FMN) doit actuellement s’en mordre les doigts. Celui qui était considéré comme son plus proche collaborateur et qui, à un certain moment avant le 20,était un président éventuel de la FMN, a claqué la porte. En effet, le vice-président de ce comité illégal, dans l’incapacité d’organiser une seconde compétition (voir plus loin), a soumis mercredi dernier sa démission de ce comité directeur. En toile de fond de cette décision de Ah Sing Poo Cheong, la démarche de ce comité, dont il faisait partie jusqu’à mercredi dernier,  de s’engager dans un processus d’acharnement contre le nageur Mathieu Marquet du CAMO, qui est le club du démissionnaire.
Privé des droits légitimes
En fait, cette affaire, qui consistait à priver le nageur du CAMO de ses droits légitimes de participer à une compétition de sélection pour les prochains Championnats d’Afrique au Nigeria est en fait la goutte d’eau qui a fait déborder le vase. Un vase qui a été rempli à ras bord après la décision de la FMN illégale d’interdire au CAMO, tout comme au CNS et au CNQB,de participer aux Championnats d’Hiver de La Réunion le Week-End dernier. Alors que les nageurs du CNP, club de Doreen Tiborcz,ont pu largement participer.
C’est ce qu’on appelle une folle semaine pour le comité illégal de la FMN. Toute cette affaire a commencé depuis la semaine dernière. En fait, on sentait que les choses n’étaient pas au beau fixe au sein de ce comité illégal. Le peu de dirigeants, — malgré le rappel téléphonique des troupes la veille par la secrétaire administrative de ce comité illégal —  qui se sont pointés jeudi 21 juin à la conférence de presse qu’a tenue Doreen Tiborcz laissait clairement entrevoir les fissures au sein de ce comité. Le peu d’assurance dans la voix de Doreen Tiborcz pour dire que son comité durera jusqu’en 2016 était une autre preuve si besoin est. Mais passons sur les élucubrations de certains dirigeants de notre mouvement sportif…
Elle ne croyait pas si bien dire. Le 22 juin son secrétaire de la FMN illégale, Anil Nawjee — qui visiblement n’a pas encore pris la mesure de l’embrouille dans lequel il est entré — envoie un courriel aux clubs pour annoncer l’organisation d’une compétition de sélection pour les Championnats d’Afrique pour le samedi 10 juillet. Dans ce même courriel, Anil Nawjee prend la peine d’indiquer ceci en premier: «A l’issue de cette competition, une selection sera faite pour les Championnats d’Afrique Senior. Au minimum, un garçon et une fille seront selectionés selon les critères suivants:- Classement au cumul des points FINA de 4 épreuves (deux 50 mts et deux 100 mts). La FMN se réserve le droit d’augmenter le nombre de sélectionnés.» Pour ensuite ajouter: «Les nageurs sélectionnés aux Jeux Olympiques ne seront pas éligibles pour la selection des Championnats d’Afrique senior».
Harcèlement
Une position qui a fait bondir la direction du CAMO, qui n’avait pas encore digéré le fait que leur nageur qui se prépare pour les JO de Londres n’a pas eu la possibilité de participer aux Championnats d’Hiver de La Réunion, et qui voit encore une fois leur nageur visé. Si ce n’est pas du harcèlement envers un athlète, cela y ressemble étrangement, a confié à Week-End un membre de ce comité qui a aussi pris ses distances.
Dans la foulée, la présidente de ce club, Dominique Seeyave conteste cette décision auprès de la présidente du comité illégal de la FMN le 24 juin pour demander à cette dernière d’établir des «clear rules» avant toute compétition et évoque au passage l’existence à Maurice du Equal Opportunities Act. Entre-temps, le CAMO convoque une réunion de son comité directeur le mardi 26 juin pour passer en revue la situation, décider de la marche à suivre et demander des explications à son représentant au sein du comité illégal, Ah Sing Poo Cheong. La réunion, dit-on à Week-End, a été assez mouvementée dans le sens ou l’ex-vice président de la FMN illégale n’était pas vraiment informé de la situation en raison de son absence pour des raisons personnelles. Le CAMO décide d’engager une affaire en cours — ce qui a été fait — pour réclamer justice et décide aussi dans la foulée de ne pas participer au Sprint Day du 7 juillet à la piscine de Northfield.
Coincé entre son club de 20 ans et sa récente place au sein de ce comité illégal, Ah Sing Poo Cheong décide donc de couper la corde avec la FMN en soumettant ce mercredi sa démission à Doreen Tiborcz, avec copie précise-t-il, à la présidente de son club. «J’ai effectivement donné ma démission comme membre de la FMN depuis mercredi dernier à la présidente. Cette situation était devenue pour moi intenable dans le sens où on ne pouvait pas prendre une décision contre un nageur», a d’abord confié à Week-End Ah Sing Poo Cheong hier après-midi au téléphone. Visiblement, on sent dans sa voix comme une délivrance et aussi de l’amertume même s’il avoue ne pas être amer après sa décision. «Je ne suis pas amer, mais je trouve que c’est un beau gâchis que nous n’avons pas été en mesure de faire travailler ensemble tous les stakeholders de la natation, à savoir la FMN, les clubs, le MJS et le TFES. C’est pas bien que les nageurs soient privés de compétition depuis une année et personne ne fait rien. Il y a eu un travail de communication qui n’a pas été fait et aujord’hui je me pose la question: qu’est-ce qui va nous rester si cela continue?»,s’interroge le démissionnaire.