Le Directeur Technique National (DTN) de natation, Philippe Pascal, se dit pleinement satisfait du déroulement du stage du Pôle Espoir à Canet en Roussillon en France. « Pour l’instant, tout s’est déroulé comme prévu », indiquait-il au téléphone hier. Le DTN a accordé un jour de repos à ses protégés hier après une dure semaine d’entraînement.
« Nous sommes arrivés à destination samedi dernier vers midi après 19 heures de voyage. La fatigue se faisait sentir. Les nageurs ont déjeuné et sont ensuite allés se reposer. Puis, vers 17 heures, ils se sont mis à l’eau, mais c’était plus pour récupérer qu’un véritablement entraînement. Mais le lendemain, on a pris notre rythme avec deux séances de deux heures par jour », indique Philippe Pascal.
Celui-ci ajoute que les nageurs ont aussi eu trois séances de musculation d’une durée d’une heure chacune au cours de la semaine écoulée. « Les nageurs ont eu droit à des séances de musculation d’une heure, lundi, mercredi et vendredi. Nous avons à notre disposition une salle de musculation très bien équipée ainsi qu’un jacuzzi pour favoriser la récupération », explique notre interlocuteur.
Les nageurs mauriciens utilisent le bassin de 25 mètres pour les séances d’entraînement du matin et le bassin olympique les après-midis. « La température extérieure est assez fraîche et il y a un vent glacé, mais la piscine est chauffée. Le bassin de 25m est, quant à lui, couvert », précise le DTN.
Après avoir accumulé un gros volume d’entraînement au cours de la semaine, les nageurs ont eu droit à une journée de détente hier. Ils se sont rendus en compagnie de Philippe Pascal à Montpellier en TGV. « Plutôt que de rester à l’hôtel à se morfondre, j’ai emmené les nageurs à Montpellier qui est une ville où il y a beaucoup de choses intéressantes à découvrir », confie le DTN.
Dès aujourd’hui, toutefois, les membres du Pôle Espoir reprendront l’entraînement à raison de deux séances quotidiennes. L’ultime séance se tiendra jeudi matin. Car l’équipe quitte la France dans l’après-midi et sera de retour à Maurice vendredi.
En tout cas, ce stage aura permis aux nageurs de côtoyer des compétiteurs de haut niveau issus de plusieurs pays. « Nos jeunes ont vu comment s’entraînent des nageurs d’un niveau supérieur dont certains parmi les meilleurs Français. Il y avait aussi la sélection belge qui était présente sous la férule de Philippe Midrez, ainsi qu’un club suédois comprenant plusieurs internationaux. Il y a des Irlandais qui sont attendus. Cela permet à nos nageurs de sortir de leur cocon et de relativiser beaucoup de choses dans leur esprit », observe Philippe Pascal.
En tout cas, ce déplacement en France est accueilli comme une bouffée d’air frais par les nageurs, comme en témoignent Emmanuel Froget et Emily Chan Chee. « C’est vraiment un gros soulagement. On attendait une source de motivation et ce stage arrive à point nommé. Avec la situation dans laquelle se trouve la natation, on n’avait plus d’objectifs. Le fait de changer d’environnement est définitivement bénéfique. C’est une bonne chose de faire ce stage même si après, il n’y a pas de compétition comme objectifs. Je suis déçu de la situation actuelle d’autant que c’est ma dernière année vu que je vais partir en septembre pour entreprendre des études tertiaires. Pourtant, aux Jeux des îles, l’an dernier aux Seychelles, nous avions prouvé qu’il y avait un avenir pour la natation mauricienne, mais là les problèmes sont revenus et c’est un éternel recommencement. J’espère vraiment que cette situation changera d’autant qu’il y a un bon groupe et qui aurait faire encore mieux aux prochains JIOI en 2015 », a confié Emmanuel Froget qui est considéré comme l’un des fers de lance de cette belle génération de nageurs.
Emily Chan Chee abonde dans le même sens. « Je suis vraiment contente que nous ayons eu la possibilité d’effectuer ce stage. Cela nous donne la possibilité de côtoyer des nageurs étrangers d’un bon niveau et donc de situer notre niveau. Cela fait du bien de sortir de la piscine ou l’on a l’habitude de s’entraîner tous les jours à Maurice. Même s’il n’y a pas de compétition en vue, ce stage nous permet de nous remotiver. Je suis déçue et triste de la situation de la natation à Maurice en ce moment et j’aimerais que cela change au plus vite », renchérit la nageuse.