Bientôt cinq mois depuis que le Conseil des ministres a pris la décision le 23 novembre dernier de régulariser la situation des 34 employées sous contrat de La Colombe, Pointe aux Sables, qui abrite des enfants en difficulté. Pourtant leur situation n’est toujours pas régularisée, s’insurge la Private Sector Employees Union, syndicat affilié à la General Workers Federation.
« Depuis bientôt cinq mois, que ces dames attendent en vain que leur situation soit régularisée et que leurs salaires et autres conditions de services soient régis par le rapport du Pay Research Bureau (PRB). De ce fait, elles subissent depuis cette date un manque à gagner sur leurs salaires, parce qu’elles n’ont pas eu de compensation salariale et qu’elles ne peuvent jouir des autres avantages que leur donne le PRN », s’indigne Dany Marie, de la Private Sector Employees Union (PSEU), syndicat affilié à la General Workers Federation (GWF).
Selon le porte-parole de la PSEU, cela fait des années que ces employées de La Colombe, dont certaines ont plus d’une quinzaine d’années de service, sont victimes d’abus dans leur travail. « Par exemple, jusqu’à tout récemment leurs cotisations n’étaient pas versées au National Pension Fund. Elles ne sont toujours pas payées pour leurs heures de travail supplémentaires (overtime), et elles travaillent de longues heures allant souvent au-delà de 16 heures par jour », s’insurge Dany Marie. « Le pire, c’est qu’elles sont employées sous contrat (avec tout ce que tout cela peut comporter comme abus), alors que La Colombe tombe sous l’égide du ministère l’Égalité des genres, du Développement de l’Enfant et du Bien-être familial, un ministère, supposé défendre les droits des femmes », ironise-t-elle.
La PSEU, poursuit la syndicaliste, a eu plusieurs rencontres avec la ministre de tutelle, Mireille Martin. « La ministre Mireille Martin a finalement concédé qu’il y a effectivement abus envers ces employées et qu’il y a nécessité de régulariser leur situation », ajoute Dany Marie.
En effet, le 23 novembre dernier, le Conseil des ministres a décidé de régulariser la situation de ces 34 employées de La Colombe.
« Nous estimons que ce retard à régulariser leur situation s’explique par une mauvaise gestion de leurs dossiers à divers niveaux ! », affirme la syndicaliste. « À chaque fois que nous avons téléphoné pour demander où en étaient les démarches, on s’est servi, au niveau du National Children’s Council, de tactiques dilatoires ! Y a-t-il une réelle volonté politique et administrative de vouloir faire sortir ces femmes de leur situation précaire ? », se demande Dany Marie.
« Il est inacceptable et révoltant que la ministre Martin, qui de surcroît détient le portefeuille de la défense des femmes, puisse ainsi négliger ses devoirs envers elles, d’autant qu’elle est au courant de la situation et qu’elle a déjà commencé à faire bouger les choses en alertant le Conseil des ministres », déplore la syndicaliste. « Nous alertons l’opinion publique parce que ce qui se passe à La Colombe est inacceptable dans une république qui se respecte », s’indigne-t-elle.