Le directeur d’Elite Business School, Narainduth Pem, a été le premier membre du public à déposer, cette semaine, devant le sous-comité de la National Energy Commission (NEC) chargée de déterminer la politique énergétique du gouvernement pour les prochaines années. M. Pem est un ancien professeur de chimie et ancien directeur de la planification au ministère de l’Éducation. Le sous-comité de la NEC est présidé par Osman Mahomed.
« Nous avons, pendant trop longtemps, dépendu de l’énergie fossile importée », a lancé Narainduth Pem, avant d’estimer que Maurice est devenue une esclave de cette forme d’énergie payée à coups de devises. « Nous sommes à la merci des pays exportateurs avec le prix du pétrole en hausse constante, dépendant des guerres qui ont lieu de par le monde », a-t-il fait ressortir. Maurice, dit-il, doit réduire sa dépendance envers l’énergie fossile et augmenter sa capacité de produire de l’énergie à partir des sources renouvelables. « Cette forme d’énergie est gratuite, elle n’est pas taxable », a-t-il ajouté. Cependant, il nous faut avoir la bonne technologie et ne pas la gaspiller. « Il y a trop de gaspillage d’énergie à Maurice ». M. Pem a suggéré qu’on change la façon de procéder à Maurice, en commençant par l’énergie renouvelable et en introduisant l’énergie fossile seulement en cas de difficulté avec l’énergie renouvelable.
Le directeur d’Elite Business School a estimé qu’on peut produire de l’énergie solaire et éolienne en deux endroits à Maurice, Gris-Gris et Poste La Fayette. L’ensoleillement, de même que les vents, sont convenables en ces endroits. S’agissant de l’énergie produite à partir des vagues, il estime qu’elle serait possible avec les équipements appropriés et résistants à l’eau. « Les cascades et les réservoirs peuvent aussi être utilisés dans la production de l’énergie. Pourquoi ne pas utiliser les déchets de Mare-Chicose et ceux de St-Martin pour produire de l’énergie ? Même les matières fécales peuvent nous donner de l’énergie », a-t-il soutenu.
Narainduth Pem a également parlé de culture agressive de mangliers et de bambous (fataks) en vue de produire de l’énergie. Quant au stockage d’énergie pour être utilisée ultérieurement, il a dit que cela pose un problème de batterie. On n’a pas encore développé des batteries recyclables.
Tout en disant apprécier les propositions de M. Pem, le directeur du Mauritius Research Council (MRC), Arjoon Suddhoo, lui a dit qu’il faut voir la réalité sur le terrain. « En tant que scientifiques et ingénieurs, nous sommes passionnés par ce sujet mais il faut être réaliste », a-t-il déclaré. Il a ajouté qu’il faut prendre les bonnes décisions au bon moment. Pour sa part, Osman Mahomed a indiqué qu’une soixantaine de membres du public seront écoutés par le sous-comité de la NEC d’ici à la fin du mois avant qu’un rapport ne soit rédigé.