Avec un roulement de plus de Rs 1 milliard par mois, le jeu classé comme étant “à hauts risques” dans le Overall National Money Laundering Vulnerability Rating
Le rapport des Services financiers: “The turnover of the illegal betting market might be as much as, or even more than, the legal market”

Même si les risques de Money Laundering sont considérés comme étant Medium-High pour le pays, le Gambling Sector est classé un cran au-dessus, soit “High”, que ce soit pour le Vulnerability Rating, le Threat Rating ou encore le Money Laundering Rating. C’est l’une des conclusions majeures du National Risk Assessment entrepris par le ministère des Services financiers en vue d’assurer l’intégrité du système financier sur le plan international.

Toutefois, il n’y a pas que les zougadères qui sont placés sous haute surveillance dans le cadre de la lutte contre le blanchiment des fonds. La profession légale – en l’occurrence les Law Firms, les hommes de loi, les notaires et les avoués — fait partie de la catégorie de Medium—High au niveau des risques. En général, le NRA Exercise, engagé depuis le début de 2017, reconnaît que “key weaknesses in the national ability of the authorities to combat money laundering include lack of resources of authorities in charge of investigating money laundering offences and asset recovery, the absence of a national strategy and insufficient coordination/cooperation”.

A ce stade, très peu d’informations ont transpiré quant aux réactions émanant de Lakwizinn du Prime Minister’s Office devant la classification du Gambling World comme a High Risk en tant que conduit de blanchiment de fonds. La connexion de ceux qui font partie du clan des parrains du Gambling est plus qu’évidente. Toujours est-il, que le National  Money Laundering and Terrorist Financing Risk Assessment Report soutient que “the money laundering threat associated with the gambling sector is rated high given that there is evidence to show that the sector has been used for significant money laundering activities”.

Excluant l’Illegal Betting Market à Maurice, le chiffre d’affaires annuel du secteur du jeu est de l’ordre de Rs 13,8 milliards annuellement, soit plus de Rs 1 milliard par mois. Ce chiffre représente la moitié des fonds des activités d’assurances et du secteur financier. Le chiffre pourrait être plus élevé, vu que “it was estimated that the turnover of the illegal betting market might be as much as, or even more than, the legal market”. Façon de dire que your guess is as good as mine.
Clients with criminal records

Le Gambling World comprend cinq compartiments, à savoir les bookmakers assurant le Fixed Odds Betting aux courses hippiques; les bookmakers avec des paris sur les matches de football à l’étranger, la Mauritius National Lottery, les casinos, les maisons de jeu et les opérateurs de totalisateurs. Ainsi, les bookmakers aux courses et sur les matches de football sont crédités de mises de l’ordre de Rs 5,4 milliards, les casinos et maisons de jeux, Rs 2 milliards, la Loterie Nationale, Rs 1,8 milliards, entre autres. “The size of the gambling sector is judged to be medium-high being given that this sector is generating an annual turnover of Rs 13.7 billion compared to major sectors of the economy, e.g. financial and insurance activities (Rs 37 billion), construction sector (Rs 16 billion) and real state (Rs 19 billion).”

Le rapport attire l’attention sur le fait que “it is believed that the largest turnover is derived from betting activities where the punters are anonymous”, tout en ajoutant que ce phénomène explique le faible chiffre d’affaires, soit Rs 264 millions, réalisé par des bookmakers dans un environnement plus transparent.

Le National Risk Assessment élabore sur le profil des protagonistes en indiquant que “the client-base profile in the gambling world is diverse and include Politically  Exposed Persons (PEPs), high-net-worth individuals, non-resident clients, clients with foreign business and clients with criminal records against them”, ou encore que “there is also evidence to show that the level of cash activity is high”.

D’autre part, l’arsenal de répression contre le blanchiment dans le monde du jeu est considéré comme très faible, vu que “the implementation of preventive measures, including record keeping and suspicious transaction reports (STR) reporting is still in an early phase level of AML/CFT supervision is also limited”.

En cette période menant aux prochaines élections générales, la priorité des autorités pourraient être ailleurs que la lutte contre le Black Money.
A vous de jouer…