Le National Tripartite Forum se réunira pour la deuxième fois depuis son lancement en 2010 et la première fois en 2012 sous la présidence du ministre du Travail Shakeel Mohamed en séance plénière jeudi après-midi. À deux jours du coup d’envoi, le fondement même de l’instance fait face à une vague de critiques avec notamment la Confédération des travailleurs du secteur privé qui affirme que le NTF n’a nullement existé en tant que « plateforme » pour la promotion du dialogue social. Le président du National Trade Union Congress Toolsyraj Benydin déplore pour sa part l’absence de consultation dans l’élaboration de l’agenda.
Dans le cadre de la promotion du dialogue social comme énoncé dans le programme gouvernemental 2010-2015, le National Tripartite Forum (NTF) marquait le retour des tripartites en octobre 2010 dans le monde du travail et des relations industrielles. Mais depuis cette séance inaugurale, aucune autre rencontre n’a été « scheduled » entre les sept ministères représentant le gouvernement, les sept membres du patronat nommés en consultation avec la Mauritius Employers Federation et les sept représentants des salariés issus des sept confédérations syndicales existantes. Un manque de dialogue qui fait grincer de facto les dents des syndicalistes.
« Le NTF devait être un mécanisme permanent pour promouvoir le dialogue social et non à fréquence irrégulière. Depuis la première réunion en 2010, il n’y a pas eu d’autres. Nous ne voulons pas que le NTF soit que pour la forme. Il doit être un mécanisme efficace dans le respect des valeurs réelles du tripartisme, où les partenaires viennent faire des propositions pour le développement économique et social », souligne Toolsyraj Benydin, président du National Trade Union Congress (NTUC) à deux jours des échéances à Victoria House.
Toolsyraj Benydin a par ailleurs constaté que pour cette deuxième rencontre du NTF, les deux vice-présidents (un venant des rangs du patronat et l’autre du monde syndical) n’ont pas eu leur mot à dire dans les consultations pour définir l’agenda même de la rencontre tripartite. Le syndicaliste présentera d’ailleurs une motion lors des échanges jeudi pour l’adoption de cette feuille de route.
Si Toolsyraj Benydin adopte un ton plus souple concernant ses réserves sur le NTF, Reaz Chuttoo, vice-président de la Confédération des travailleurs du secteur privé (CTSP) remet quant à lui en cause  l’existence même de l’instance. « Le NTF n’a jamais existé comme une plateforme pour promouvoir le dialogue social. Tayo Fasohin, un expert du Bureau international du travail était d’ailleurs à Maurice en 2011 et était d’accord sur la revendication de la CTSP qui précisait que le NTF devait exister sous un projet de loi qui définirait le fonctionnement même de l’instance, la composition, les prises de décisions et la gestation des différences. D’autant plus qu’à Maurice les relations syndicats / employeurs sont très hétérogènes », observe le syndicaliste. Et d’ajouter que depuis « le NFT n’a été qu’un brand name pour le marketing international, le BIT ayant lancé un projet de financement pour la formation des partenaires sociaux pour le Decent Work Country Programme, dont un point crucial est le dialogue social ».
Reaz Chuttoo a dans la foulée pointé du doigt lui aussi la fréquence irrégulière à laquelle se tiennent les rencontres et l’absence de suivie. Mais cependant la participation de la CTSP ne souffre d’aucun doute pour faire entendre leurs points de vue. D’autant plus que ces dernières semaines, il y a eu plusieurs divergences entre le ministère du Travail et la CTSP au sujet des amendements des lois du travail ou encore de la « discrimination » à l’égard des travailleurs du secteur privé.
Amendements des lois dans la thématique AOB
Pour cette deuxième rencontre du NTF depuis 2010, les partenaires sociaux devront discuter de la composition des six comités techniques au sein du National Tripartite Forum. Parmi les comités figurent Santé et Sécurité, Compensation salariale, Emploi et relations industrielles.
Les principaux acteurs devront aussi faire un état des lieux de l’impact des relations industrielles sur l’économie mauricienne. L’agenda ne fait cependant aucune mention des amendements aux lois du travail. Selon les informations disponibles depuis la convocation de cette réunion, les syndicalistes pourraient aussi aborder les amendements concernant les lois du travail, soit l’Employment Rights Act (ERiA) et l’Employment Relations Act (EReA) votées en 2008 et proclamés en février 2009 dans la thématique « Any Other Business ».
Dans ce contexte, Toolsyraj Benydin souhaite que le ministre du Travail ne tergiverse pas en ce qui concerne des amendements aux lois du travail. La CTSP dit aussi suivre ces amendements de près, d’autant plus qu’à une réunion avec les syndicalistes à la fin de 2011 Shakeel Mohamed a signifié son intention de présenter aux syndicalistes l’Amended Draft Bills des lois du travail avant leur présentation à l’Assemblée nationale.
D’autre part, sauf développements importants, l’on devrait voir les sept confédérations syndicales présentes à cette rencontre, soit le National Trade Union Congress (NTUC), le Congress of Independent Trade Union (CITU), le Mauritius Labour Congress (MLC), la Confédération des travailleurs du secteur privé (CTSP), le Mauritius Trade Union Congress (MTUC), la Confederation of Free Trade Unions (CFTU) et La Confédération syndicale de gauche-solidarité (CSG-S).
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CSG-SOLIDARITÉ: Réunion cet après-midi
Les principales têtes pensantes de la CSG-Solidarité se sont rencontrés au siège de la General Workers Federation cet après-midi pour leur réunion mensuelle. Selon les informations qui nous sont parvenues, il serait question de la stratégie adoptée pour le National Tripartite Forum prévu pour jeudi. Les syndicalistes feront aussi le tour de l’actualité dans le monde du travail.