Le National Wage Consultative Council aura uniquement pour tâche de faire des recommandations sur le salaire minimum national. C’est ce qu’a annoncé hier le ministre du Travail, Sudesh Callichurn, qui a donné le coup d’envoi des débats sur le National Wage Consultative Council Bill. Il a précisé que la question sur la compensation salariale annuelle sera traitée comme à l’accoutumée par un comité tripartite.
Le ministre a insisté sur le fait que le texte de loi a fait l’objet d’un exercice étendu de consultations avec les principaux concernés, dont les syndicats. À la suite desquelles plusieurs amendements ont été apportés au texte initial, présenté en première lecture à l’Assemblée nationale. Ainsi, le terme “Trade Union” sera remplacé par “Workers Organisation”, qui comprend des syndicats, des fédérations et des confédérations de travailleurs. Le terme “Young Person” renvoie, lui, désormais à une personne âgée de 16 à 18 ans.
Par ailleurs, le concept de « wealth and income distribution, wage ratio, gender discrimination and employment of foreign workers » a été inclus dans la liste des questions couvertes dans le cadre de l’étude d’évaluation. Le ministre a aussi expliqué qu’afin d’éviter toute confusion et mauvaise interprétation pour la détermination du salaire minimum, une provision a été faite pour « an hourly rate for part time workers and a monthly rate for full time workers, with a view to ensuring that the actual working hours regime and the mode of calculation of wages and salary of a worker would not be altered ». Le texte de loi fait également une différence entre les stagiaires et les travailleurs à plein-temps qualifiés. D’autre part, les travailleurs du secteur privé auront quatre représentants sur le conseil tandis que le secteur public, lui, en aura trois. De plus, afin de préserver l’autonomie et l’indépendance du conseil, le président de cet organisme n’aura pas le droit de faire de politique active. D’autre part, les membres absents pendant trois séances seront disqualifiés. Finalement, afin de ne pas empiéter sur la liberté d’expression des membres, la clause de confidentialité a été retirée.
Dans son intervention, le ministre a fait l’historique de l’introduction du salaire minimum dans le monde. Il a insisté sur le fait que ce salaire sera appliqué aussi bien dans le secteur public que dans le privé. Le ministre a aussi relevé que le salaire minimum est un moyen de combattre la pauvreté. « A National Minimum Wage is a major policy decision aimed at addressing the issue of poverty and income inequality with a view to improving the welfare of workers thus improving the welfare of the entire nation. It is also a major step in the furtherance of our economic transformation goal to make Mauritius a high-income nation », a-t-il dit.
Sur les 25 orateurs annoncés dans le cadre des débats qui ont débuté hier, une quinzaine ont pris la parole, dont Veda Baloomoody, Eddy Boissézon, Fazila Jeewah-Daureeawoo, Salim Mamode, Toolsyraj Benydin, Anil Gayan, Alain Wong, G. Oree, Ritesh Ramphul et Sudhir Sesungkur, avant que Sudesh Rughoobur ne demande l’ajournement des débats.
Les orateurs de la majorité ont insisté sur le fait que le gouvernement « a tenu la promesse faite dans son programme électoral » et gouvernemental et que l’introduction du salaire minimum permettra d’éliminer la pauvreté, d’améliorer la qualité de la vie des plus démunis et de relancer l’économie. Toolsiraj Benydin a fait remarquer que « le gouvernement n’a jamais rejeté un représentant syndical choisi par une fédération ou une confédération syndicale ». D’autres ont souligné que si le ministre refuse les recommandations du conseil, il devra donner des explications à l’Assemblée nationale. La définition de “Young Worker” a également été bien accueillie. Les orateurs de l’opposition ont accueilli favorablement le principe d’un salaire minimum, mais ont critiqué la composition du conseil et les pouvoirs ministériels par rapport au conseil.