Les dirigeants de la Confédération des travailleurs du secteur privé (CTSP) ont exprimé publiquement ce matin leur mécontentent contre la présentation du National Wage Consultative Council Bill par le ministre du Travail, Soodesh Callichurn, sans consultations préalables avec les syndicats. « Gouvernman ale, gouvernman vini, zot tou parey », ont-ils lancé en brandissant une bannière de la confédération syndicale devant l’hôtel du GM.
Dans une lettre remise ce matin au ministre Soodesh Callichurn, Reeaz Chuttoo et Jane Ragoo, respectivement secrétaire général et présidente de la confédération, insistent que le gouvernement doit respecter son engagement concernant l’introduction d’un salaire minimum et qu’ils n’acceptent pas le principe d’un conseil salarial où il reviendra aux employeurs et aux syndicats de décider de la ligne à suivre. Ils déplorent que le ministre n’ait pas respecté sa promesse à l’effet que le texte de loi ferait l’objet d’un débat national avant qu’il ne soit présenté au Parlement. Ils constatent que non seulement le cabinet a décidé de créer un National Wages Consultative Council, mais le conseil aura également pour attribution de décider de la compensation salariale annuelle, ce que rejette le mouvement syndical. « We are deeply surprised to see that the Bill will be urgently presented tomorrow without any discussion, as promised by you », écrivent Reeaz Chuttoo et Jane Ragoo.
La CTSP considère que le texte de loi qui sera présenté en première lecture est loin de répondre aux attentes des travailleurs. « L’introduction d’un salaire minimum est la responsabilité du gouvernement », insiste-t-elle. Pour la confédération, le contenu du texte de loi illustre la faiblesse du gouvernement qui n’arrive pas à imposer au secteur privé un mécanisme pour le pays. « It is a glaring testimony that they are under the whims of the private sector », soutient le syndicat.
La confédération syndicale n’est pas d’accord avec le fait que les jeunes employés reçoivent un salaire inférieur au taux de salaire minimum. Elle rejette également l’idée que les jeunes chômeurs doivent bénéficier d’un salaire inférieur au salaire minimum. Elle s’élève contre le fait que le ministère du travail ait accepté une proposition du secteur privé à l’effet que le salaire minimum soit calculé sur un « hourly rate ».
Par ailleurs, la CTSP relève que le projet de loi ne fait pas mention du tripartisme. De plus, elle considère que le conseil fonctionnera « through an undemocratic balance ».
Elle s’élève finalement contre la clause de confidentialité figurant dans le texte de loi et rappelle que les syndicalistes siègent dans le conseil et devraient pouvoir communiquer avec ses membres démocratiquement avant de prendre une décision. L’imposition d’une amende de Rs 50 000 pour non-respect de la confidentialité en vigueur durant les travaux des comités constitue, selon la CTSP, une violation des droits démocratiques des syndicats. « We are sure you will concur with us that the CTSP cannot put its credibility at stake by supporting the Bill », conclut la CTSP.