La Federation of Civil Service and Other Unions (FCSOU) se dit « insatisfaite » des amendements apportés au projet de loi sur le salaire minimum. Narendranath Gopee déplore le fait que les syndicalistes seront « sous-représentés » au conseil salarial et que « le quorum pourra facilement être atteint sans eux ». Il estime également que le ministre du Travail, qui nommera les participants, aura une « mainmise » sur le conseil. Une réunion avec les autres confédérations est prévue demain pour déterminer la marche à suivre.
La FCSOU apprécie certains amendements, comme le retrait de la compensation salariale et de la clause de confidentialité, du projet de loi. Toutefois, note Narendranath Gopee, « le problème de quorum reste entier ». Selon la loi, il faut 12 personnes pour constituer le quorum. Or, sur les 29 membres, la majorité sont des représentants du gouvernement, sept représentent les travailleurs et sept autres, le patronat. « Si les syndicalistes et les patrons ne sont pas là, il restera 15 personnes, soit un quota amplement suffisant pour constituer le quorum. Des décisions peuvent être prises sans nous. »
De même, poursuit-il, en conservant le “hourly rate” pour les jeunes, cela pourrait donner lieu « à des abus ». Il cite l’exemple du Youth Empowerment Programme, où des jeunes diplômés sont placés dans des entreprises. « Ces jeunes sont en formation, mais ils travaillent également à plein-temps et contribuent au bon fonctionnement de ces organisations. Donc, ils sont des travailleurs à plein-temps. Il y aura une discrimination salariale à l’égard des jeunes. »
La FCSOU conteste aussi le fait que le ministre ait le pouvoir de nommer les membres du conseil. « Cela constituera une mainmise sur le conseil. » Narendranath Gopee est d’avis que le National Wage Consultative Council sera une « nouvelle version du défunt National Economic and Social Council » (NESC). « La différence est qu’ici, le gouvernement aura le contrôle absolu, alors qu’avec le NESC, ce n’était pas le cas. »
De même, le président de la FCSOU se dit « sceptique » sur le fait que le président du conseil sera « une personne qui ne fait pas de politique active ». Il est d’avis que quelqu’un proche du pouvoir peut bien être nommé sans pour autant qu’il ne fasse de politique active, « comme c’est le cas dans plusieurs corps parapublics en ce moment ». Dans de telles conditions, la FCSOU affirme qu’elle ne siégera pas au conseil salarial, a prévenu Narendranath Gopee. Une réunion est cependant prévue demain avec les autres confédérations syndicales pour décider de la marche à suivre avant le vote du projet de loi à l’Assemblée.