C’est à l’unanimité que les dirigeants des différentes fédérations syndicales ont rejeté les trois amendements proposés par le ministre Soodesh Callichurn, car le projet de loi comprend d’autres points litigieux. Ils ont prévenu que si le National Wage Consultative Bill est adopté tel quel à l’Assemblée nationale, ils refuseront de siéger au conseil, comme ils l’avaient fait pour le défunt National Pay Council. Ils invitent ainsi le ministre à ne pas aller de l’avant avec la deuxième lecture du projet de loi, prévue pour mardi prochain. Ils s’interrogent sur un tel empressement, d’autant que le ministre a lui-même déclaré qu’il reste encore du « fine tuning » à faire.
Dès la présentation du NWCC Bill, l’ensemble des syndicats décrié le fait que le conseil devrait également statuer sur la compensation salariale. Ce qu’ils considèrent comme une atteinte aux droits des travailleurs, remettant ainsi en question la compensation annuelle et les Renumeration Orders. Pour les syndicats, le ministre s’est plié aux exigences du patronat.
Lors de la rencontre d’hier, Soodesh Callichurn est venu annoncer, justement, que le NWCC ne s’occupera pas de la compensation salariale. Deux autres amendements ont été proposés concernant la clause de confidentialité au sein du conseil et la notion de « young workers », jugée discriminatoire à l’égard des jeunes par les syndicats.
Mais ces trois amendements sont loin de satisfaire l’ensemble de la classe syndicale car plusieurs autres points avaient été soulevés, lors des différentes rencontres avec les ministres. Dans cette rencontre faite en présence des membres de la presse, les syndicalistes n’ont pas caché leur étonnement que seuls ces trois amendements aient été retenus. Ils ont demandé au ministre de ne pas aller de l’avant avec la deuxième lecture du projet de loi mardi prochain. Demande non agréée pour le moment.
Les syndicats s’interrogent sur l’empressement du ministre d’autant qu’il a avoué lui-même qu’il reste encore du « fine tuning » à faire sur plusieurs aspects. Qui plus est, une rencontre avec le patronat est aussi prévue lundi, soit la veille de la présentation du projet de loi en deuxième lecture. Selon le ministre, le patronat aurait demandé cette réunion, après qu’il en a accordé une aux syndicalistes hier.
Parmi les sujets de discorde : le « hourly rate » maintenu, de même que la méthodologie de calcul du salaire minimum. « Selon ce calcul, le salaire minimum se limitera à Rs 6 000-Rs 6 500 », déplorent-ils. Ashok Subron a également insisté pour savoir si la notion de « young person » est maintenue après l’élimination de la définition « young worker ». Pour lui, cette pratique remonte à la période de l’engagisme et n’est présente que dans l’industrie sucrière.
Les syndicalistes insistent pour qu’il y ait d’autres consultations et une version finale des amendements, avant d’aller de l’avant avec le projet de loi. Narendranath Gopee met en garde contre une situation semblable à l’Employment Relations Act et l’Employment Rights Act, deux lois qui n’ont pas fait l’unanimité et qui sont toujours contestées par l’ensemble de la classe syndicale.
Le ministre Soodesh Callichurn a maintenu avoir reçu les syndicats dans un esprit de dialogue. « Quand j’ai rencontré les différentes fédérations syndicales, il y avait trois points en particulier qui étaient vivement contestés : la compensation salariale, la clause de confidentialité et l’appellation young workers ». Il estime qu’il y a eu une mauvaise compréhension sur le « hourly rate ».