Le ministre du Travail, Soodesh Callichurn, a présenté hier au Parlement les derniers amendements au National Wage Consultative Bill. Si la Confédération des travailleurs du secteur privé et du public (CTSP) note que toutes les propositions d’amendements ont été prises en considération par le ministre, le président du syndicat, Reaz Chuttoo, précise toutefois que « nous serons vraiment satisfaits que lorsque les employés auront un salaire minimal », ajoutant : « Pour l’heure, c’est comme si nous étions bien vêtus pour aller danser sans savoir quelle musique sera jouée ». Par ailleurs, en dépit des demandes entendues par le ministre, Reaz Chuttoo relève quelques manques de précisions dans les définitions.
La CTSP note que, comme elle l’avait demandé, la compensation salariale sera discutée avec le ministre des Finances. Par ailleurs a été enlevée l’amende de Rs 50 000 pour quelconque membre qui ébruiterait les informations au sein du conseil. A aussi été retirée la catégorie “young workers”. « En outre, il est désormais spécifié qu’il n’y aura pas de “split hours”. Le “hourly rate” sera seulement appliqué pour les employés à temps partiel. » Autre amendement : la définition des syndicats, désormais connus comme des “workers organisation”. Si les syndicats pouvaient auparavant être ou non enregistrés – ce qui, pour les syndicalistes, représentait un risque que le gouvernement « créé un syndicat non enregistré pour faire siéger une personne de son choix », désormais, seuls les syndicats enregistrés pourront en faire partie. Selon Reaz Chuttoo, « le projet de loi spécifie de plus que les syndicalistes ayant un double enregistrement devront choisir une seule fédération ».
Autre demande entendue par le ministre : le “wealth and income distribution wage ratio”. « Autrefois, on ne pouvait connaître le salaire des patrons. Ils se cachaient toujours derrière la Data Protection Act. Désormais, les informations à ce sujet sont ouvertes, surtout quand les patrons disent qu’ils n’ont pas d’argent pour les employés. ».
En ce qu’il s’agit du Chairman du conseil, Reaz Chuttoo fait ressortir qu’il existe une ambiguïté par rapport au terme “actively politic”. « Que veut dire “actively politic” ? Nous demandons une personne compétente recrutée à travers un appel à candidatures. Il ne faudrait pas que ce soit un colleur d’affiches ! »
Reaz Chuttoo relève une autre lacune au niveau de la prise de décisions. « Le projet de loi, tel qu’il a été amendé, mentionne qu’il faut 11 personnes plus le Chairman pour le quorum. Donc, ce sont n’importe quelles 11 personnes parmi les sept syndicalistes, sept représentants du patronat et sept représentants du gouvernement. S’il arrive que les syndicalistes ne soient pas d’accord, il y aura 14 représentants des employeurs. Donc, ceux du gouvernement et du patronat pourront prendre une décision. Or, si l’on suit l’esprit du tripartisme, les trois parties doivent être représentées. C’est là notre regret. Nous demandons au ministre de mieux définir la manière dont sera faite la prise de décisions. Les trois composantes doivent être présentes et aucune décision ne doit être prise en l’absence d’une partie. » Raison pour laquelle Reaz Chuttoo déclare : « Notre vrai contentement viendra lorsque les employés auront un salaire minimal. Pour l’heure, c’est comme si nous étions bien vêtus pour aller danser sans savoir quelle musique sera jouée. »