Manoj Gooniah, planteur du côté de La Marie et de Plaine-Sophie ainsi que porte-parole d’un groupe de planteurs de sa région, dit « apprécier » la démarche du gouvernement visant à doter le pays d’un National Wholesale Market à Wooton, « qui cadre avec le progrès et le développement » du pays. « Après toutes ces années passées à laisser traîner nos légumes sur le sol et à travailler dans la boue, avec des chiens pataugeant dans nos légumes, nous avons besoin d’un système de vente à l’encan moderne, hygiénique et propre, avec toutes les facilités nécessaires, au bénéfice tant des planteurs que des marchands, mais aussi des consommateurs », dit-il en réaction à la PNQ du leader de l’opposition, Xavier-Luc Duval, posée au ministre de l’Agro-industrie, Mahen Seeruttun, hier au Parlement.
« Nous sommes des planteurs avant-gardistes. Il nous faut progresser dans la vie et dans notre travail. Il nous faut des facilités adéquates modernes pour opérer, comme il y en a à La Réunion et en Afrique du Sud. Comment continuer à opérer sur le sol et dans la boue ? » s’interroge-t-il. De plus, ajoute-t-il, vendre les légumes en un seul endroit « attire plus d’acheteurs ». De fait, les planteurs « seront sûrs de pouvoir vendre tous leurs produits qu’ils ont apportés à l’encan ». Pour ses amis et lui, « c’est un projet d’avenir ».
S’agissant du coût de transport pour véhiculer les légumes du Nord à Belle-Rive, sur le plateau central, Manoj Gooniah déclare : « Ce n’est pas un problème et c’est normal. Déjà, nous amenons nos légumes du Nord à Vacoas, plus le retour. Les petits planteurs embarquent tous leurs produits dans un seul transport et ils “share the costs”. » Le plus important pour ces planteurs, selon lui, « c’est qu’ils vont cesser de se rendre à l’encan à 4h » du matin. « Ils doivent voir à quel point leur vie sera améliorée avec ce système moderne et hygiénique. Sans compter qu’on mettra fin au règne des voleurs de légumes », fait-il ressortir.
Manoj Gooniah réfute l’argument selon lequel ce National Wholesale Market serait destiné « aux gros planteurs », disant : « Si les gros planteurs mettent en place leurs propres systèmes de vente à l’encan dans les quatre coins du pays, les petits planteurs mourront. Le gouvernement est en train de protéger les petits planteurs et nous devons apprécier cette démarche. »