L’enjeu pour l’Afrique est que le continent puisse montrer au monde qu’il trouve lui-même des solutions à ses problèmes. C’est sur ce postulat que s’inscrit l’Innovation Prize for Africa. Survol avec Aida Opoku-Mensah, directrice de l’ICTs and Science & Technology Division à l’United Nations Economic Commission for Africa.
Une Afrique résiliente et qui reste debout, qui ambitionne de construire son futur de manière autonome… Il s’agit d’un idéal difficile à concrétiser sans innovation. Mais dans les pays en voie de développement, innover peut s’avérer un parcours du combattant. « Vous avez un projet ambitieux. Vous le posez sur la table de votre banquier. Il étudie le dossier. Mais pour votre emprunt, ce n’est pas gagné », détaille la docteure Aida Opoku-Mensah, directrice de l’ICTs and Science & Technology Division (ISTD) à l’United Nations Economic Commission for Africa (UNECA – voir hors-texte). Ainsi, l’UNECA et l’African Innovation Foundation doivent passer par d’autres chemins afin de mettre en valeur le génie africain. Telle est la raison d’être de l’Innovation Prize for Africa (IPA). La docteure Opoku-Mensah en expliquait le concept hier matin au Hilton, à Flic-en-Flac.
L’IPA mobilise les innovateurs africains en offrant plus de USD 150 000 aux gagnants, qui auront proposé des solutions orientées vers les marchés pour le développement de l’Afrique. Cinq secteurs prioritaires ont été établis : 1) l’agriculture et le commerce ; 2) l’environnement, l’énergie et l’eau ; 3) la santé et le bien-être ; 4) les technologies de l’information et de la communication et ; 5) le secteur manufacturier et les services.
Le premier prix ira par ailleurs à l’innovateur qui satisfera aux critères suivants : 1) la viabilité par rapport au marché ; 2) l’originalité ; 3) l’échelle d’application ; 4) l’impact social et ; 5) les aspects techniques.
Le premier prix sera de USD 100 000 tandis que les deux runner-up prizes sont fixés à USD 25 000 chacun. Ces deuxièmes prix seront offerts selon deux bases différentes : le premier d’après le potentiel commercial et, le second, d’après le potentiel social.
La date limite pour les inscriptions est le 31 octobre. Un seul Mauricien s’est pour l’heure enregistré, signale Aida Opoku-Mensah. La phase de pre-screening aura lieu au mois de novembre. Une shortlist sera établie d’ici la fin de l’année. Suivra une série de vérifications jusqu’à la mi-février avant que vienne l’étape des entrevues téléphoniques. Finalement, les entretiens physiques se dérouleront en avril 2013. Les prix seront remis le même mois.
Les inscriptions peuvent être effectuées sur le site InnovationPrizeForAfrica. org.
Cette année, lors de la première édition de l’IPA (IPA 2012), 458 participants de plus de 38 pays africains ont participé au concours. Concours qui avait vu la victoire du professeur égyptien Mohamed Sanad pour son projet d’antenne téléphonique intégrée capable d’opérer sur toutes les bandes radio. Pour la cuvée 2013, Aida Opoku-Mensah prévoit un peu de 500 candidats.
Avec l’IPA, l’UNECA fait la promotion de son mandat pour l’ISTD – Information and Communication Technology and Science and Technology for Development – pour l’avancement de l’économie africaine, pour les sciences, tout en adressant les besoins spécifiques du continent. L’autre sponsor du prix, l’AIF, supporte dans un même élan notamment les initiatives pour le développement durable, le transfert des technologies et la transparence des procédures.