Evelyne Paletemps a célébré ce matin ses 100 ans entourée des membres de la communauté chagossienne. Cette native de Diego Garcia succède à une autre au Club des Centenaires, en l’occurrence Marie Emilie Codor, décédée à 112 ans, il y a trois ans. Pour Olivier Bancoult, président du Chagossian Welfare Fund Board, il ne fait pas l’ombre d’un doute que la nourriture et le style de vie aux Chagos ont contribué à cette longévité. Ce dernier a profité de l’occasion pour rendre un vibrant hommage aux femmes ayant lutté pour les Chagos.
C’est avec une forte dose d’émotion que la célébration des 100 ans d’Evelyne Paletemps a débuté à Baie-du-Tombeau ce matin. La reprise en choeur du morceau Peros Vert de Ton Vié, devenu l’hymne des Chagossiens, a rappelé les bons souvenirs de l’archipel à tous ceux présents. Dans son discours à cette occasion, Olivier Bancoult n’a pas manqué de souligner que l’un des rêves les plus chers de « tante Evelyne » était de retrouver sa terre natale. « Mais Petite Mariane, sur Diego Garcia, où elle est née, a été aujourd’hui transformée en base militaire américaine. »
Faisant référence à la chanson de Ton Vié, il devait toutefois ajouter : « Mais je ne dis pas goodbye Diego, goodbye Salomon. Je dis que bientôt, aux Chagos, les chiens recommenceront à aboyer et les oiseaux à chanter.» Pour le président du Chagossian Welfare Fund Board, il est évident que la vie paisible et harmonieuse des Chagos ainsi que sa nourriture, composée de « seraz », de « sipay » de poissons frais, entre autres, ont contribué à la longévité d’Evelyne Paletemps. Il a également fait ressortir qu’avant elle, Marie Emilie Codor, une autre native de Diego Garcia, détenait le record de longévité à Maurice. Celle-ci est décédée il y a trois ans à 112 ans.
Olivier Bancoult a rendu un bel hommage aux femmes de la lutte chagossienne. Le lieu choisi pour la célébration de cet anniversaire, le centre Charlesia Alexis, à Baie-du-Tombeau, est d’ailleurs lourd de sens. « Ce sont les femmes qui ont été au-devant de la lutte chagossienne. Comme Lisette Talate et Charlesia Alexis, tante Evelyne aussi participait aux manifestations quand elle pouvait encore marcher. Ces femmes ont montré leur force et leur détermination pour cette lutte. Moi, je ne suis qu’un héritier de leur combat. »
Mère de quatre enfants, elle vit avec son fils cadet Antoine à la Cité Briquetterie, Sainte-Croix. Dans la localité, tout le monde la connaît comme une personne joviale. Le Lord-maire, Daniel Laurent, lui-même issu de cette localité, témoigne qu’il faisait souvent la causette avec la centenaire, quand il allait faire réparer sa moto chez son fils. « C’est le premier anniversaire d’un centenaire auquel je suis appelé à participer en tant que Lord-maire et le hasard a voulu que ce soit une personne de mon quartier que je connais bien. »
Arianne Navarre-Marie, nièce de la centenaire, témoigne elle aussi: « Comme ses filles étaient en Norvège, elle passait beaucoup de temps avec moi. Elle marchait de Briquetterie pour venir me voir au Docker’s Flat, à Baie-du-Tombeau. Je crois que la marche est un de ses secrets de longévité. Elle est une personne qui aimait bien parler. Tante Evelyne est une tante de ma maman. Elle a toujours raconté que tante Evelyne s’est bien occupée d’elle quand elle était petite. »
Egalement présente à cette fête d’anniversaire, la PPS Marie-Claire Monty a salué, pour sa part, les efforts des proches de la centenaire pour bien l’entourer. Elle regrette que de nos jours, bon nombre de personnes âgées sont contraintes de passer le reste de leur vie dans des maisons de retraite.