Selon une étude de la National Agency for the treatment and rehabilitation of substance abusers (NATReSA) 28,6% des toxicomanes mauriciens ont commencé à se droguer avant l’âge de 18 ans. Et 37,1 % ont pris leur première drogue entre 15 ans et 19 ans. La NATReSA fait actuellement une campagne de sensibilisation parmi les étudiants d’université pour prévenir la toxicomanie. Ce matin la NATReSA a réuni enseignants et étudiants à l’Université de Technologie à La Tour-Koenig pour une session d’information sur la toxicomanie avec le concours du ministère de la Santé et de l’ADSU.
Le ministre de la Santé Lormus Bundhoo a indiqué que le programme de substitution à la méthadone a réduit de 30 % le nombre de cas de VIH/sida recensés mensuellement au cours des trois dernières années. Les orateurs qui se sont succédé dont Vishnu Bundhun, directeur de la NATReSA et le Dr H. Chittoo, acting director de l’Université de Technologie, ont mis l’accent sur le “peer pressure”, c’est-à-dire l’influence des amis sur l’attrait des substances illicites, voire même de la cigarette et de l’alcool sur les jeunes. Le directeur de la NATReSA a mentionné la consommation de drogues chimiques dont la composition est inconnue et qui est souvent fatale.
Le ministre de la Santé a pour sa part déclaré qu’un jeune qui se drogue ne peut pas participer à la vie économique de son pays alors que ses parents et le gouvernement ont beaucoup investi dans ses études et sa santé. « C’est un cycle infernal », a affirmé M. Bundhoo. « La toxicomanie a des conséquences sur l’incidence du VIH/sida, sur la criminalité et les abus sexuels », a-t-il expliqué aux étudiants de l’université de La Tour-Koenig. Il rappelle aussi que 1 200 Mauriciens meurent chaque année d’un cancer et que l’alcoolisme est mortel pour un diabétique. « Dans chaque famille il y a un diabétique et ce pour des raisons génétiques », dit-il. 23 % de la population sont déjà diabétiques et 23 % sont en train de le devenir, dit-il. L’économie du pays va dépendre des jeunes qui vivent pendant les années 2000 à 2025, souligne-t-il alors que la tendance jusqu’à 2030 est une diminution des naissances et un vieillissement de la population. M. Bundhoo a expliqué aux jeunes étudiants que la consommation de drogues provoque des changements dans le cerveau, entraînant des modifications du comportement, du jugement et de la coordination, provoquant des accidents et de l’agressivité.