L’espoir de retrouver des rescapés s’amenuise huit jours après le naufrage du Concordia, alors qu’a repris l’exploration de l’épave du paquebot de croisière qui gît semi-immergé près de l’île italienne de Giglio. À hier, un douzième corps a été repêché par les plongeurs de la garde-côte sur le pont numéro quatre vers 12h30 (GMT) dans la partie arrière du navire. Il manque encore 20 personnes à l’appel parmi les 4 229 passagers et membres d’équipage du Costa Concordia.
Le navire s’est stabilisé et les scaphandriers de la marine de guerre ont de nouveau percé des brèches par 20 mètres de fond avec des micro-explosifs dans la partie submergée du navire pour se frayer un passage vers la zone où ils espèrent retrouver les 20 personnes encore portées disparues, dont une majorité de touristes allemands.
« Il faudrait un miracle. Même si une bulle d’air s’est créée quand le navire a chaviré, dans de telles conditions avec des températures (de l’eau) très basses, la possibilité de trouver quelqu’un de vivant est réduite au minimum », a indiqué Cosimo Nicastro, porte-parole des garde-côtes.Le bilan du naufrage reste pour le moment de douze morts dont huit ont été identifiés (quatre Français, un Italien, un Espagnol, un Péruvien et un Hongrois).
Parallèlement, sur le méga ponton flottant de la société néerlandaise Smit Salvage, les préparatifs s’accéléraient pour le pompage des 2 380 tonnes de mazout que le Concordia renferme encore dans ses réservoirs, au risque de provoquer une énorme marée noire. Le paquebot gît sur un flanc tel une baleine agonisante tout près du rivage du Giglio, pittoresque île rocheuse de l’archipel toscan qui est aussi une réserve naturelle peuplée de thons, murènes, langoustes, rorquals ou dauphins. Des bouées antipollution ont été disposées tout autour du navire vendredi soir pour protéger les côtes au cas où une partie des hydrocarbures s’échapperait en mer pendant la vidange des cuves qui prendra, au minimum, deux ou trois semaines
Le Concordia s’est échoué dans la nuit de vendredi à samedi dernier, à 30 mètres de la côte, après avoir heurté un rocher devant le Giglio. Il était parti deux heures et demie plus tôt de Civitavecchia, pour une croisière en Méditerranée avec 4 229 personnes à son bord dont 3 200 touristes de 60 nationalités et un millier de membres d’équipage de 40 pays différents.
L’enquête sur les causes de cette tragédie se poursuivait avec de nouvelles informations provenant de l’interrogatoire en début de semaine du commandant du navire, Francesco Schettino. Il a été arrêté dans un premier temps et inculpé d’homicide multiple par imprudence, naufrage et abandon de navire avant d’être assigné à domicile.
Celui-ci a reconnu avoir commis une « erreur » en passant trop près de la côte, mais il a affirmé, selon les journaux de samedi, en avoir informé très vite la compagnie Costa, propriétaire du bateau. « J’ai fait une bêtise, envoyez des remorqueurs et des hélicoptères », aurait-il dit par téléphone à un responsable de Costa un quart d’heure seulement après la collision. Une version contredite par le patron de Costa, Pier Luigi Foschi, pour qui Schettino « a menti, à nous et à l’équipage, sur la gravité de la situation ». De nombreux témoins accusent Schettino d’avoir quitté le Concordia au beau milieu de l’évacuation.Mais le capitaine a aussi une défendresse de choix.
Concordia : la jeune Dominica »prête » à témoigner
Considérée par des médias italiens comme un témoin-clé concernant le rôle du commandant du Concordia pendant le naufrage du paquebot, une jeune Moldave Dominica Cemortan s’est dit prête vendredi à témoigner devant la justice. Danseuse de ballet de 25 ans qui possède les nationalités moldave et roumaine, elle se serait trouvée lors de l’accident avec le commandant, Francesco Schettino, dont elle aurait pu être « l’invitée. »: »Le soir du naufrage, je me trouvais au restaurant, ou je dînais avec mes amis. À 21h30 (cette heure semble erronée, le choc avec un écueil étant signalé à 21h45, NDLR), un signal d’alarme codé a été donné, connu des membres d’équipage. Cela se fait pour préparer l’évacuation sans susciter la panique des passagers », a encore dit Domnica Cemortan. « Je suis sortie sur le pont, et avec des membres d’équipage, nous sommes montés sur la passerelle de commandement. Le capitaine était là, avec environ 20 officiers, d’autres membres d’équipage et le directeur de la croisière », a-t-elle relaté.
« J’ai quitté le navire à 23h50, quand un canot a été mis à l’eau pour que s’y installent des passagers. À ce moment, la plus grande partie des passagers avait été évacuée, le capitaine restait sur la passerelle et continuait de diriger les opérations d’évacuation », a-t-elle affirmé.——————————————————————————————————————————————————
46 passagers à bord du Costa Serena en février
Les Mauriciens, qui sont de plus en plus nombreux à se laisser tenter par les croisières, n’ont pas perdu leur enthousiasme malgré le naufrage du Costa Concordia qui a causé la mort de plusieurs personnes. 
Si aucun Maurcien n’était à bord du voyage fatidique, par contre une cinquantaine de personnes devaient’embarquer à bord du Costa Concordia le 27 janvier. C’est ce qu’a indiqué la directrice d’Atom Travel, Caroline Chen, qui représente la ligne maritime. « Nous les avons tous appelés, mais seule quatre personnes ont annulé, alors qu’une cinquantaine ont accepté de repousser leur voyage pour le vendredi 10 février à bord du paquebot Costa Serena« , indique-t-elle.
Au lieu de faire le trajet Italie-Marseille-Espagne pour sept nuits, illeur est offert onze nuits avec en prime la possibilité de découvrir Milan, Rome, la Turquie, Israël avec Jérusalem. La croisière sera plus longue, le retour étant prévu le 24 février. Mais même si celle-ci coûte dans les Rs 80 000, soit Rs 20 000 de plus, les passagers ne paieront pas la différence.
Parlant du sentiment qui anime les Mauriciens qui effectueront ce voyage, Caroline Chen déclare qu’ils sont conscients qu’un accident fait partie de la vie et que les crosières demeurent malgré tout dans sa grande majorité, un loisir sûr.
Interrogé après ce drame, Jimmy Tan Yan, directeur de Cathay Tours, qui représente la ligne maritime de Royal Carribean, Celebrity et Oceania Cruise, entre autres, affirme à Week-End que cet accident majeur n’a eu aucun effet sur les Mauriciens. Rejoignant les propos de Caroline Chen d’Atom Travel, il indique que les Mauriciens sont conscients que des accidents peuvent arriver. D’ailleurs, la compagnie a reçu une réservation le lundi suivant le naufrage.