Alors que Navin Ramgoolam poursuit sa croisade contre des articles de presse au sujet des séquelles de l’opération « Lakaz Lerwa Lion » en vue d’obtenir une injonction de la Cour suprême contre le décryptage des « secrets » de ses téléphones cellulaires, les dernières informations disponibles indiquent une ouverture de l’enquête vers l’étranger. Ainsi, outre la présence à Maurice de deux agents de l’United States Federal Bureau of Investigation (FBI), Marcus et Gregory, la piste des transferts de devises avec le procédé Swift vers des sociétés offshore à Nicosie, à Chypre, est privilégiée sur la base des derniers développements. Toutefois, deux ressortissants étrangers, engagés dans une ligne d’activités économiques des plus lucratives, font actuellement l’objet d’une « Arrest on Departure », soit la même formule que contre Veena Ramgoolam, vu que la « chasse aux preuves de ces transferts » n’a pas encore donné de résultats probants. Entre-temps, tout semble indiquer que l’ancien trésorier du Parti Travailliste, Ah Fat Lan Hing Choy, aurait déjà lâché son leader, Navin Ramgoolam, au sujet de l’existence du Jackpot de River Walk avec les Rs 220 millions et Rs 4 millions recouvrées dans les deux coffres-forts et quatre valises codés.
Après une première prise de contacts avec les autorités mauriciennes en début de semaine et une évaluation sommaire de la situation par rapport aux caractéristiques physiques des Never-Used coupures bancaires de USD 100 dollars pour un montant de Rs 110 millions, les agents Marcus, du Serious Fraud Tracking Office du FBI, à Washington, et Gregory, du Legal Office du FBI, sont repartis hier. Une nouvelle mission comprenant des spécialistes américains en matière de lutte contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme pourrait faire le déplacement à Maurice d’ici un mois avec un mandat spécifique complémentaire par rapport à l’enquête menée sous la supervision de l’assistant commissaire de police Heman Jangi.
Un des premiers objectifs du FBI est de retracer les différentes étapes entre le départ de ces liasses de billets de USD 100 des Etats-Unis et leur découverte dans des valises soigneusement gardées dans la penderie de Navin Ramgoolam à River Walk. Les numéros de série des coupures bancaires, de même que d’autres « Specific Features », devront aiguillonner les experts du FBI dans leur enquête. Ils pourront également accéder à la banque des données du FinCen du Département du Trésor des Etats-Unis, dont l’une des attributions majeures sont de « safeguard the financial system from illicit use and combat money money laundering ».
Le FinCen du Département du Trésor des Etats-Unis, qui fait office de Financial Intelligence Unit (FIU), a pour concept de base « follow the money in order to combat money laundering and terrorism financing ». L’expertise et les moyens de monitoring du FinCen devront être mis à profit en vue d’élucider la provenance de ces Unused Dollar Notes, retrouvées en la résidence de l’ancien Premier ministre, et de tenter de confirmer si d’autres coupures de la même série n’ont pas été mises dans des circuits autres que Maurice, notamment en Europe.
En parallèle, l’enquête au sujet des transferts de devises par le procédé Swift vers d’autres centres offshore que Maurice dans le monde devra être approfondie dans les prochains jours. Les autorités sont actuellement en présence d’informations au sujet de deux sociétés domiciliées à Nicosie, à Chypre. Les détails, qui attendent confirmation, sont qu’au moins deux sociétés – avec pour adresse Esperidon 12 – 4th Floor, Nicosie, Chypre, 1087 – constitue une des « caches par excellence of the tainted money » faisant l’objet d’une enquête confiée au Central CID.
Les autorités soupçonnent que ces sociétés, dont une a été mise hors circuit pour des raisons tactiques à partir du 30 septembre 2013, sont opérées par des prête-noms de l’ancien Premier ministre pour des opérations de blanchiment de fonds à l’étranger. Ces sociétés auraient particulièrement servi de conduit pour des bribes présumés d’un important opérateur étranger engagé dans des activités économiques de luxe et extrêmement lucratives.
En l’absence de documents compromettants au sujet de ces transferts allégués en faveur de l’ancien Premier ministre, deux ressortissants étrangers représentant cette société cotée en Bourse en Europe, sont littéralement tenus en otage à Maurice depuis la semaine dernière. Lundi dernier, un « Arrest On Departure » a été formellement logé contre les deux en attendant une réponse du quartier général en Europe au sujet de la demande de Maurice pour des documents réclamés.
Malgré l’intervention des diplomates étrangers auprès des autorités mauriciennes « to sort out matters », les deux hommes d’affaires étrangers sont encore en cette fin de semaine, sans aucune raison apparente, sous le coup d’une arrestation au Sir Seewoosagur Ramgoolam International Airport au cas où ils tenteraient de quitter le pays. Un recours à des moyens légaux n’est pas à écarter dans les jours à venir en vue de mettre un terme à leur « calvaire ».
En ce qui concerne l’On-Going Investigation initiée contre l’ancien Premier ministre, la bataille des affidavits se poursuit ce matin en Cour suprême. Navin Ramgoolam faisait la queue devant le Master and Registrar’s Office pour jurer un autre contre-affidavit visant à faire la démonstration des fuites dans la presse pour justifier sa demande pour une injonction contre le décryptage des mémoires de ses six téléphones cellulaires.
En principe, les deux parties – le State Law Office pour le compte du Central CID et les conseils légaux de Navin Ramgoolam – doivent présenter leurs arguments devant la juge Rita Teeluck, siégeant en référé, cet après-midi à partir de 15 heures. Au cas où ce rendez-vous tenait toujours, il ne faudra pas s’attendre à un Ruling ce soir pour mettre un terme au Deadlock sur les téléphones cellulaires de l’ancien chef du gouvernement.
Entre-temps, au cours de son interrogatoire Under Warning lundi, l’ancien trésorier du Parti Travailliste s’est lavé les mains au sujet de l’existence de ces Rs 220 millions dans les coffres en la résidence de Navin Ramgoolam. Il a maintenu qu’en tant que trésorier du parti, il ne s’occupait que des cotisations des membres et des adhérents mais que des dépenses pendant les élections. Il dit ainsi tout ignorer des donations et autres contributions au parti par des « bienfaiteurs ».
Néanmoins, pour la prochaine séance d’interrogatoire, dont la date n’a pas encore été fixée par le Central CID, Ah Fat Lan Hing Choy, qui a retenu les services de Me Nilkant Dulloo, a été prié de rassembler et de produire tous les livres de comptes du parti et d’expliquer les procédures au sein du Labour par rapport aux donations politiques dans le cadre du financement de la campagne électorale.
Au sujet de la diffusion de la bande sonore au meeting de l’alliance PTr/MMM de Rivière-du-Rempart, les explications fournies par Ah Fat Lan Hing Choy auraient été à la satisfaction des hommes du Central CID vu qu’il n’était pas présent à ce rassemblement électoral clôturant la campagne.