L’ex-Premier ministre et leader du PTr Navin Ramgoolam a essuyé un nouveau coup dur d’un de ses principaux lieutenants dans l’affaire de gestion des comptes conjoints du PTr. En effet, l’ancien trésorier du Labour, Ah Fat Lan Hing Choy, a nié catégoriquement toute participation dans la gestion du compte conjoint portant le numéro FT13322R9TDT à la MCB au nom du PTr. Cette prise de position rend extrêmement vulnérable la position défendue par Navin Ramgoolam dans la demande d’interdiction du gel de ce compte par l’Assets Recovery Unit (ARU) du bureau du Directeur des poursuites publiques. D’autre part, le Central CID poursuit l’audition du banquier de Navin Ramgoolam, Cyril Wong, de la Private Banking BU, au 10e étage du QG de la MCB, à Port-Louis. Un autre développement est intervenu avec une menace directe pour l’ex-Premier ministre concernant l’acquisition d’un appartement de luxe dans le complexe de Diplomat Gardens à Floréal en faveur de Nandanee Soornack. Le financement de cet investissement immobilier de Rs 30 millions est soupçonné d’être un délit de blanchiment d’argent, le dossier étant transmis officiellement en Italie pour soutenir formellement la demande d’extradition de “Madam Ou Kone Ki Mwa”.
Le dernier élément du “talk of the town” en marge de l’opération Lakaz Lerwa Lion porte sur la dernière déclaration de l’ancien trésorier du PTr devant les instances judiciaires au sujet de la gestion des fonds de ce parti. Comme il l’avait fait ressortir lors de son interrogatoire “Under Warning” au QG du Central CID, Ah Fat Lan Hing Choy maintient en effet ne rien savoir de ce compte conjoint à la MCB. Ce qu’il aurait fait comprendre dans un contre-affidavit juré suite à la demande d’injonction de Navin Ramgoolam contre le gel de ce compte conjoint. Il ajoute n’avoir aucune connaissance des transferts et autres virements bancaires opérés sur ce compte, même si officiellement son nom est cité à côté de Navin Ramgoolam. De ce fait, l’argumentation avancée par ce dernier à l’effet que ce compte est alimenté par des contributions de sympathisants pour les besoins du PTr se retrouve nettement affaiblie. Avec ce nouveau détail, le bureau du DPP dispose d’une plus grande marge de manoeuvre pour prouver que ce compte est à l’usage personnel de Navin Ramgoolam, qui sera appelé à justifier les versements enregistrés, le dernier relevé officiel indiquant une somme de Rs 16,7 millions. Les enquêteurs de l’ARU ont déjà identifié plusieurs retraits portant sur des millions de roupies pour satisfaire les besoins personnels de l’ex-Premier ministre, tels le refinancement de ses cartes de crédit comme lors de l’acquisition de quatre voitures, dont une Range Rover et une KIA, au cours de l’année écoulée.
Toujours en ce qui concerne les comptes de Navin Ramgoolam, le Central CID a repris ce matin l’audition du banquier Cyril Wong. Après l’exercice d’hier consacré aux transactions remontant à 2013, celui d’aujourd’hui devrait concerner celles de 2014. La principale explication, autre que le versement des salaires, est que ces fonds sont constitués de “per diem allocations” lors de ses différentes missions officielles à l’étranger. Toutefois, au cours de la période de juillet à décembre 2013, deux versements pour un montant de Rs 450 000 ont été effectués sur le compte (…) 49074 à la MCB, soit le 15 novembre 2013, en provenance de la Société du Front de Mer, et le 17 décembre avec Rs 200 000 de la même entité. Mais les malheurs de Navin Ramgoolam au sujet de ses transactions bancaires sont loin d’être terminés. Les autorités ont en effet pris la décision d’inclure l’acquisition d’un appartement pour Nandanee Soornack dans le complexe de Diplomat Gardens à Floréal dans le lot des dossiers faisant l’objet d’enquête. Les derniers éléments dans le volet Diplomat Gardens ont été complétés avec les explications du Chief Operating Officer et Chief Finance Officer de la BAI, Shakeel Summun, cette semaine.
Cette accusation de blanchiment de fonds impliquant directement Nandanee Soornack et Navin Ramgoolam pour un montant de Rs 30 millions devait venir se greffer aux premières inculpations de détournements de fonds de Rs 100 millions dans l’affaire Dufry/Mauritius Duty Free Paradise, déjà transmise aux autorités italiennes en vue de l’extradition de “Madam Ou Kone Ki Mwa”. Soulignons que selon les dispositions du Legal Mutual Assistance dans le cas de Nandanee Soornack, Maurice a un délai d’un peu moins de deux mois pour étoffer le dossier de la demande de rapatriement forcé d’Italie. Une fois extradée à Maurice, la suspecte ne pourra être accusée que des délits révélés officiellement dans les échanges. Ainsi, il n’est pas à écarter que le prochain dossier incriminant Nandanee Soornack sera axé sur ses frasques au Sir Seewoosagur Ramgoolam International Airport Terminal, en particulier le non-paiement de loyers et autres frais pour un montant de Rs 80 millions au nom d’Airway Coffee. Ces délits découlent du non-respect de la Companies Act.