Avec l’ouverture, demain, devant la Cour intermédiaire du premier procès au pénal instruit contre l’ancien Premier ministre, Navin Ramgoolam, dans l’affaire du bungalow de Roches-Noires dans la nuit du 2 au 3 juillet 2011, un document légal juré le 26 février 2015 revêt toute son importance. L’affidavit de Michel Gallet, Chief Operating Officer du groupe Dufry AG, et Simo Carevic, ancien Chief Executive Officer de Mauritius Duty Free Paradise Co. Ltd, au sujet de leur séquestration présumée dans la nuit du 16 au 17 février 2015, se transforme en carte maîtresse dans le camp de Navin Ramgoolam. Du côté des autorités, les informations dégagées de ce volet d’enquête, en particulier les transferts des commissions de Rs 100 millions au profit de la compagnie Frydu de Nandanee Soornack, sont considérées comme Unrebuttable contre l’ex-PM. Mais la principale difficulté est que la teneur de cet affidavit est restée sans effet légal et n’a pas eu de suite en terme d’enquête au niveau du Central CID jusqu’ici.
En vue de confirmer l’importance de ce document dans l’oeuvre de démolition de la crédibilité de Rakesh Gooljaury, Star Witness dans le procès du complot dans les incidents du bungalow de Roches-Noires, deux anciens Attorney General rouges, Mes Rama Valayden et Yatin Varma, ont pris l’initiative de demander au Central CID de rouvrir l’enquête sur la teneur de l’affidavit de ces deux représentants de Dufry AG. Cette affaire a été référée à la police, il y a un peu plus d’une année, mais jusqu’ici aucun développement n’est intervenu au point où le dossier est tombé dans les oubliettes.
À la faveur d’un rendez-vous sollicité au cours de la semaine écoulée, Mes Valayden et Varma ont soumis une requête au Central CID pour qu’une escouade de limiers soit constituée en vue d’effectuer un déplacement en Suisse avec pour mission de consigner les dépositions de Michel Gallet et de Simo Carevic sur ce qui s’est passé dans la nuit du 16 au 17 février 2015 en présence de trois VVIP, notamment l’ancien ministre Pravind Jugnauth, l’Attorney General Ravi Yerrigadoo et le ministre Roshi Bhadain, sans oublier le rôle prédominant assumé par Rakesh Gooljaury lors de cet épisode de l’affaire Dufry AG et leur maintien contre leur gré à Maurice pendant une douzaine de jours à la fin de février 2015.
Mes Valayden et Varma auraient fait comprendre au Central CID que ces deux directeurs de Dufry AG seraient disposés à collaborer avec la police en fournissant des dépositions en bonne et due forme. Ils ont également signifié leur intention d’accompagner les policiers en Suisse pour s’assurer que cet exercice se déroule dans les meilleures conditions possibles. Mais à la fin de la semaine écoulée, aucun développement n’est encore intervenu vu que la demande est actuellement à l’étude au plus haut niveau des Police Headquarters.