Le Premier ministre Navin Ramgoolam a profité de l’inauguration du centre de santé de Trou-aux-Biches hier pour évoquer la réforme électorale et constitutionnelle qui fait actuellement l’objet de discussions entre le Ptr et le MMM. « Il y a un consensus entre le Ptr, le MMM et le PMSD sur beaucoup de points concernant cette réforme », a déclaré Navin Ramgoolam. « Il reste cependant deux ou trois difficultés concernant, entre autres, le Best Loser System (BLS) qui est incompatible avec système proportionnel », a-t-il ajouté.
Répondant aux questions de la presse à l’issue de la cérémonie d’inauguration du centre de santé de Trou-aux-Biches, Navin Ramgoolam s’est toutefois gardé d’associer le MSM à ce consensus, estimant que ce parti se contenterait de dire « oui mais… ». Commentant certains débats politiques dans le contexte des discussions entre le Ptr et le MMM sur la réforme électorale et constitutionnelle, le Premier ministre est d’avis que « nous sommes dans la saison des spéculations ». « Kouma dir tou fini fer », a-t-il dit.
À un journal du matin parlant de son successeur, Navin Ramgoolam a déclaré : « Il ne reste qu’à faire ma nécrologie. » Et ce, en faisant référence à sa boutade selon laquelle il pourrait occuper les fonctions de Premier ministre jusqu’à l’âge de 90 ans. « Pa galoupe avan ler. Ce n’est pas parce qu’on n’est plus là demain que le soleil ne se lèvera pas. Alors pourquoi courir ? » a-t-il demandé, précisant que c’est le congrès du Ptr qui élit son leader par un vote à bulletin secret.
Le Premier ministre a aussi observé qu’il y a des spéculations sur la réforme. « Si les gens faisaient plus attention à ce que j’ai dit à l’Assemblée nationale, ils auraient su ce qui se passait. La réforme est importante pour un système plus juste et plus équitable. Nous avons cependant deux ou trois problèmes à régler concernant, entre autres, le BLS. Nous sommes d’accord sur beaucoup de choses, mais selon nous, le BLS est incompatible avec le système de représentation proportionnelle. Nous essayons toutefois de trouver une solution », a-t-il dit.
Le chef du gouvernement s’est aussi référé au Mauricien qui a fait état d’une rencontre entre lui, le président de l’ESC et le commissaire électoral estimant que « tou fos sof enn bout ki vre ». « Nous parlions du BLS et d’une solution à trouver. Se sa ki nou ti pe koze », a-t-il dit. Et d’ajouter que même le Professeur Carcassonne n’a pas préconisé l’abolition du BLS. « Il avait estimé que pour trouver une solution, il fallait l’introduire dans le système de représentation proportionnelle », a-t-il ajouté.
Le Premier ministre s’en est pris ensuite à ceux qui veulent donner l’impression que la réforme constitutionnelle et la deuxième République visent à l’accommoder ainsi que Paul Bérenger. Il a expliqué que le leader de l’opposition et lui-même étaient d’accord qu’on ne peut procéder à une réforme constitutionnelle pour deux personnes mais pour le pays. C’est la raison pour laquelle, a souligné Navin Ramgoolam, il a désapprouvé le projet de loi sur la République en 1991.
Revenant sur la réforme électorale, Navin Ramgoolam a indiqué que cette initiative n’est pas provoquée par une affaire qui a été présentée en cour (Ndlr : Il fait allusion aux démarches de Resistans ek Alternativ). « J’ai affirmé bien avant que 44 ans après l’accession du pays à l’indépendance il fallait pouvoir penser en Mauricien. »
Interrogé sur les remarques faites par Navin Ramgoolam sur la réforme électorale, le leader du MMM a confirmé le consensus entre le Ptr et le MMM. « Mais des problèmes au sujet du Best Loser System restent à être réglés », a soutenu Paul Bérenger.