Le texte de loi pourtant sur l’introduction de la nouvelle carte d’identité nationale a été adopté au Parlement hier. Seuls deux orateurs, le Premier ministre Navin Ramgoolam et le leader de l’Opposition Alan Ganoo, sont intervenus. La nouvelle “smart card” sera distribuée dans le courant de l’année prochaine. Le Premier ministre a observé que l’actuelle carte d’identité a fait ses preuves mais est maintenant dépassée et comprend beaucoup de failles. Les travaux parlementaires ont ensuite été ajournés à la semaine prochaine.
Présentant le texte de loi, le Premier ministre a expliqué que la carte d’identité utilisée actuellement a été introduite en 1986 à l’intention de tous les citoyens ayant atteint l’âge de 18 ans et était valide pour une durée de 10 ans. Par la suite la validité de la carte a été étendue à plusieurs reprises par voie de règlement. « La carte d’identité s’est révélée très utile. Cependant elle est maintenant dépassée et comprend beaucoup de failles. Elle est fabriquée à base de papier laminé et est plastifiée. C’est là sa principale faiblesse car elle peut être manipulée », dit-il.
« L’actuelle carte n’est pas suffisamment sécurisée tant pour les besoins de sécurité que pour la gestion de l’identité des citoyens. De plus elle ne peut être utilisée pour d’autres motifs », a-t-il poursuivi.
Le PM a expliqué qu’avec le développement rapide dans le domaine des technologies de l’information « where security identifications and business transactions are done online, it has become of utmost importance to replace the National Identity Card by a smart version ».
L’introduction d’une “smart card” a été annoncée dans le budget 2007/08 et des efforts ont été effectués en vue de réaliser le projet. Des amendements ont été apportés à la National Identity Card Act pour permettre l’incorporation des empreintes digitales et d’informations biométriques dans la smart card ; ils ont été débattus et adoptés dans le cadre du Finance Bill 2009. Le PM a indiqué qu’à la suite de sa visite officielle à Singapour en 2010, le projet a été initié dans le cadre d’une configuration gouvernement à gouvernement en ligne avec le Memorandum of Understanding signé entre le GM et la Singapore Cooperation Enterprise, une entité du gouvernement singapourien. Le contrat a finalement été signé en octobre 2012 entre le PMO et la Singapore Cooperation Enterprise. Dans ce contexte, cette dernière a créé un consortium avec la Crimson Logic Pte Ltd et la NEC Asia Pacific Pte Ltd.
La nouvelle carte d’identité sera à base de polycarbone et contiendra, gravées au moyen d’un laser, des informations telles que le nom, le numéro de la carte d’identité, la date de naissance, le genre, ainsi qu’une photo et la signature. « It will also feature a contactless electronic chip which will store civil status data, fingerprints in the form of biometric information as well as electronic certificates for security purposes. The security features contained in the smart NIC, such as guilloche printing, offset micro text and rainbow printing will render it tamperproof ; and thus visible information, as well as encoded data on the chip, will be securely stored », a dit le Premier ministre.
« Mauvaises habitudes »
Le Mauritius National Identity Scheme contiendra de nouveaux systèmes et infrastructures destinés à augmenter la sécurité des informations et le confort des citoyens.
Le gouvernement lancera bientôt une campagne d’information interne, qui sera suivie d’une campagne de communication publique vers la fin de l’année.
Navin Ramgoolam a ensuite donné des détails sur les amendements introduits.
Les cartes pourront être utilisées par les personnes du troisième âge pour le transport par autobus. De plus elle faciliteront de nombreuses transactions en réduisant la paperasse.
En gros, le projet MNIS permettra d’avoir « a more secure and effective authentication and management of citizen identity, while increasing national security ». La mise en oeuvre du projet est en bonne voie et débutera en août prochain, dit le PM. Les infrastructures et les systèmes seront mise en place à partir de septembre 2013. Tous les citoyens recevront leur carte dans le courant de l’année prochaine.
Alan Ganoo a pour sa part affirmé que l’Opposition n’est pas contre les amendements apportés au texte de loi. Il s’est toutefois élevé contre la façon de faire du gouvernement en vue de sa présentation. « Nous avons appris la présentation du texte de loi en prenant connaissance des décisions du cabinet. Les parlementaires n’ont reçu le texte de loi que samedi matin et voilà qu’il est présenté en première, deuxième et troisième lecture le même jour. Nous avons toujours été contre cette façon de faire et nous déplorons que le gouvernement soit revenu à ses mauvaises habitudes ».
Le leader de l’Opposition a reconnu que la carte d’identité fait désormais partie intégrante de la vie mauricienne. Aucune démarche ne peut être entreprise sans la présentation de cette carte et tous les Mauriciens la gardent désormais sur eux. Il a expliqué la facilité avec laquelle une personne mal intentionnée peut fausser une carte d’identité parce qu’aucune photo n’est conservée dans les archives des autorités concernées. Il a aussi exprimé des réserves sur le fait qu’une personne qui retrouve sa carte d’identité après avoir fait une déclaration concernant sa perte à la police ait seulement sept jours pour ramener celle-ci à un bureau désigné par le Registrar.
Le Premier ministre a expliqué que la présentation du texte de loi avec un certificat d’urgence est motivée par le fait que les autorités singapouriennes doivent commencer en août les procédures en vue de la réalisation de la carte.