La célébration du 70e anniversaire de la création de l’Agence française de développement a été marquée par une soirée à l’Institut Français de Maurice à laquelle a participé le Premier ministre Navin Ramgoolam. Le directeur du département de l’Afrique subsaharienne de l’AFD Yves Boudot a aussi fait le déplacement à Maurice à cette occasion. Il ressort que l’aide de l’AFD à Maurice sous diverses formes depuis 2006 s’élève à près de Rs 17 milliards dont 60 % ont servi à financer des projets associés d’une manière ou d’une autre au concept Maurice Ile Durable.
Dans son discours de circonstance, Navin Ramgoolam a souligné que la France a toujours été aux côtés de Maurice dans les moments difficiles. L’Agence française de développement (AFD), alors connue comme la Caisse centrale du développement, a été présente à Maurice après l’accession du pays à l’indépendance. Comme devait le souligner le Premier ministre, ce premier volet d’intervention de l’AFD était orienté vers le soutien aux projets porteurs de développement dans le secteur de l’Agro-industrie, de l’infrastructure et de la formation. L’agence avait par la suite quitté le pays tenant compte du niveau de développement qu’il avait atteint. Navin Ramgoolam a expliqué que 11 ans après le départ de l’agence de Maurice, il est intervenu auprès du président de la République française Jacques Chirac pour que l’AFD retourne à Maurice. Le pays traversait alors une étape difficile sur le plan économique avec le démantèlement de l’accord multifibre et la hausse des prix des produits pétroliers.
« Il était impératif que nous nous adaptions à cette nouvelle donne économique, que nous nous assurions la diversification et l’ouverture de notre économie », a dit Navin Ramgoolam. Dans ce contexte, l’AFD s’est avérée être une colonne vertébrale de l’économie mauricienne. « La finalité de l’intervention du groupe était de nous accompagner dans notre stratégie d’ouverture, de modernisation et d’insertion dans l’économie mondiale, de recherche de productivité et de compétitivité avec pour principe la promotion d’un développement durable », a déclaré le Premier ministre. Il a salué les efforts des directeurs qui se sont succédé à la tête de l’AFD à Maurice, dont Laurence Breton Moyet.
« La France a toujours soutenu Maurice dans les moments les plus importants de son développement », a dit le Premier ministre, qui estime que ce soutien n’a fait que s’accroître. Navin Ramgoolam a rappelé le soutien de l’AFD au projet Maurice île Durable (MID) qui vise essentiellement l’amélioration du bien-être de chaque citoyen. Il a aussi remercié l’AFD pour son aide à l’initiative gouvernementale d’installer un câble sous-marin liant Maurice à Rodrigues.
Le Premier ministre s’est également appesanti sur la coopération entre La Réunion et Maurice qui a connu un nouveau départ après sa visite à l’île soeur en 2010. Il a souhaité que la France accentue son aide à la coopération régionale à travers la Commission de l’océan Indien.
L’ambassadeur de France Jean-François Dobelle s’est lui appesanti sur l’historique de l’AFD dont la création remonte à 1942 sous le nom de la Caisse centrale de la France Libre. Aujourd’hui cette agence est le pivot des relations bilatérales entre la France et les pays en développement même durant les périodes les plus difficiles.
Jean François Dobelle a également rappelé la « visite historique » du Premier ministre à La Réunion. « Une visite qui a permis d’approfondir la complémentarité entre les îles soeurs et de continuer la valorisation de la coopération que ce soit dans le secteur du tourisme, de l’énergie, de la santé, de l’éducation, de l’environnement et de la sécurité alimentaire… » Cette coopération, a-t-il poursuivi, s’inscrit dans le cadre de l’intégration régionale.
L’ambassadeur a aussi fait état du soutien de l’AFD au concept MID. Cette agence a d’ailleurs financé la présence d’un expert, M. Gomart, pour la mise en place du projet. Une stratégie et un plan d’action seront par la suite élaborés. Jean François Dobelle a insisté sur le fait que la coopération entre Maurice et la France est empreinte d’une amitié exemplaire à tout égard dans l’esprit de partage qui inspire l’action de l’AFD dans l’île.
De son côté, le directeur du département de l’Afrique subsaharienne a fait l’historique de l’AFD. Yves Boudot a rappelé que près de 60 % de l’aide financière de l’agence est consacrée au projet MID.
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« AFD : l’opérateur pivot de la coopération bilatérale »
Dans un discours très documenté prononcé jeudi, l’ambassadeur de France a rappelé que l’Agence française de développement (AFD) est l’opérateur pivot français en matière de coopération bilatérale. Jean-François Dobelle rappelle aussi que l’AFD est le second bailleur de fonds bilatéral après la Chine et souligne que les relations franco-mauriciennes sont exemplaires à tous égards. « C’est dans l’esprit de partage et d’apprentissage réciproque qui guide nos échanges et qui inspire l’action de l’AFD à Maurice que nous espérons poursuivre cette longue amitié qui lie de longue date nos deux pays. » Nous publions ci-dessous un extrait de son discours.
« Je souhaiterais avant de conclure souligner trois points :
1) Tout d’abord, la France attache une importance particulière à l’aide publique au développement. Malgré un contexte budgétaire difficile en 2010, l’aide publique au développement de la France a atteint un niveau record de 9 751 M d’euros. Cet effort place la France au second rang des pays du G8. Cela traduit la conviction intime de la France que la coopération entre le Nord et le Sud est la pierre angulaire d’une mondialisation régulée, ouverte vers l’avenir, dans l’intérêt de tous.
2) Dans un contexte marqué par une succession de crises menaçant les progrès enregistrés ces dernières années par les pays en développement (crise des prix des produits alimentaires et énergétiques, crises financière et économique), la France a confirmé son engagement en faveur des pays en développement en publiant en avril 2011 sa stratégie globale de coopération au développement. Ce document propose une vision à moyen terme (10 ans), laquelle répond à quatre enjeux principaux :
a) la lutte contre la pauvreté et la réalisation des Objectifs du millénaire pour le Développement (OMD), qui restent au centre des préoccupations ;
b) la promotion des Biens publics mondiaux (BPM) qui s’impose désormais au coeur de notre agenda, qu’il s’agisse de la lutte contre le changement climatique et les maladies transmissibles ou de la protection de la biodiversité ;
c) la croissance économique dans ses trois dimensions : son rythme (accélérer la croissance dans les pays pauvres pour augmenter le revenu par habitant), sa qualité (une croissance inclusive, créatrice d’emploi), sa durabilité (croissance verte et solidaire) ;
d) la stabilité et l’État de droit, comme facteurs de développement.
3) L’AFD, qui est devenue l’opérateur pivot de la coopération bilatérale, met en oeuvre la stratégie d’aide publique du développement du gouvernement français à travers un volume d’activités de plus de 7 milliards d’euros par an dans plus de 50 pays. À Maurice, ce sont 500 millions d’euros qui ont été engagés depuis 2006, en partie auprès du gouvernement (350 M d’euros) mais aussi du secteur privé (140 M d’euros) et de la COI (10 M d’euros). Parmi les secteurs d’intervention de l’AFD, les infrastructures constituent un axe qui me paraît particulièrement important en cette période où de grandes décisions sont attendues dans les domaines de l’énergie, de l’eau et l’assainissement ou encore des transports. »