L’enquête du Central CID sur le contrat jackpot de Rs 10 milliards en faveur de Betamax, du groupe Bhunjun, aborde un dernier virage avant l’étape du “clearance” au niveau de l’Office of the Director of Public Prosecutions. Ainsi, depuis ce matin, les hommes de l’assistant-commissaire de police Heman Jangi tentent de confirmer un dernier axe majeur, soit les liens entre l’ancienne Chairperson de la State Trading Corporation (STC) Anuradha Appadoo, aussi connue sous le nom de Vimi Appadoo, et l’ancien ministre Rajesh Jeetah. Après cette étape, les deux derniers protagonistes de la Betamax Saga, en l’occurrence l’ancien ministre Jeetah et son beau-frère, Vikral Bhunjun, qui est également Chief Executive Officer du groupe Bhunjun, qui assurait jusqu’à fin janvier dernier le fret pétrolier pour la STC avec la gestion du pétrolier Red Eagle.
L’audition de Vimi Appadoo, qui devrait se dérouler “Under Caution” depuis ce matin au QG du Central CID, est axée sur deux pôles d’intérêt. Dans un premier temps, la police tentera d’établir de manière irréfutable la connexion entre l’ancienne Chairperson de la STC et l’ex-ministre de Navin Ramgoolam. D’aucuns affirment que le choix pour assumer la présidence à l’époque dépendait du ministre Jeetah alors qu’il avait la responsabilité de ce portefeuille ministériel.
Toutefois, le volet le plus conséquent de cet interrogatoire porterait sur les allégations des autres membres du conseil d’administration de la STC à l’effet qu’à chaque fois que le dossier Betamax était inscrit à l’agenda des “board meetings”, la dénommée Vimi Appadoo aurait fait pression en soulignant en substance « qu’une fois que la décision a été prise au gouvernement en faveur de Betamax, le board de la STC n’a d’autre choix que de l’entériner ».
Tout au long de cette seconde d’audition, des versions des différents membres du conseil d’administration, de même que celle de l’ancien directeur général de la STC, Ranjitsing Soomarooah, au sujet de ces tentatives visant à influencer les membres du board en faveur de Betamax, ont été au coeur de l’exercice du jour. Tous les anciens directeurs de la STC allèguent que l’ancienne Chairperson donnait la nette impression qu’elle prenait position pour le deal avec le groupe Bhunjun.
Le seul élément susceptible de tirer Vimi Appadoo d’affaire dans la Betamax Saga est que le jour de la réunion du conseil d’administration du 27 novembre 2009, pour avaliser la signature du contrat de Rs 10 milliards avec le groupe Bhunjun, elle n’était pas “on the chair”. D’ailleurs, cette réunion avait été placée sous la présidence du secrétaire permanent au ministère du Commerce, Rechad Hosany, qui est déjà sous le coup d’une inculpation provisoire.
A la mi-journée, aucune indication n’a transpiré du QG du Central CID au sujet d’une éventuelle inculpation provisoire de Vimi Appadoo pour le délit d’Influencing Public Official for Gratification of Others. Tout dépendra des éléments de réponse fournis.
La prochaine étape devra être la convocation de Rajesh Jeetah, sous le coup du délit présumé de conflit d’intérêts pour avoir participé aux “proceedings” menant à l’octroi du contrat jackpot à son beau-frère. De son côté, Vikram Bhunjun, principal bénéficiaire de ce contrat, est également attendu aux Casernes centrales dans les jours à venir. Ce matin, quatre personnalités – soit l’ancien Premier ministre Navin Ramgoolam, l’ancien vice-Premier ministre Anil Kumar Bachoo, l’ancien directeur général de la STC Ranjitsing Soomarooah, et  l’ancien chef de Cabinet Rechad Hosany –, sont déjà en liberté sous caution. Trois autres inculpations potentielles sont à prévoir, la Betamax Saga entrant alors probablement dans l’histoire comme étant l’affaire où le plus grand nombre de ministres sortants sont d’éventuels suspects.
En tout cas, cette enquête du Central CID de la série “Navin’s Coffers Saga – Opération Lakaz Lerwa Lion” pourrait être le deuxième au mois d’août à emprunter la voie menant à l’Office of the Director of Public Prosecutions aux termes des procédures établies après celle consacrée au délit de complot dans l’affaire du bungalow de Roches-Noires dans la nuit du 2 au 3 juillet 2011 avec, sur les bancs des accusés, Navin Ramgoolam, l’ancien directeur du National Security Service, le DCP Dev Jokhoo, et l’ancien patron de la VIPSU, l’ex-DCP Ravine Sooroojbally.