Le Joint Account numéro […]49074 à la Mauritius Account, présenté comme étant le compte du Parti travailliste n’a pas encore livré ses secrets. La nouvelle séance d’interrogatoire Under Caution de l’ancien trésorier du Labour Law Hing Choy Kang Foong, alias Ah Fat, au QG du Central CID hier, n’a pas permis d’en savoir plus au sujet des bénéficiaires des retraits relevés au cours de ces dernières années. Sauf qu’il a apporté un élément d’information susceptible de relancer l’intérêt autour des circonstances de la décision subite de Kailash Purryag de soumettre sa démission de la présidence de la République le vendredi 29 mai dernier. Tout au long de l’exercice d’hier, le dénommé Ah Fat a soutenu ne rien savoir des transactions bancaires de Navin Ramgoolam.
« Mo inn ranplas Kailash Purryag, kan li inn nommé présidan de la repiblik, dan sa zafer kont », a répondu en substance l’ancien trésorier du PTr aux questions des limiers du Central CID sous la supervision de l’assistant commissaire de police Heman Jangi. « Mo pa konne nanyen dans bann zafer kont Navin Ramgoolam », devait-il faire comprendre en ajoutant n’avoir aucune idée sur le montant dans le compte actuellement. Il a ajouté n’avoir jamais signé de chèques à cet effet.
Les révélations d’Ah Fat, qui a retenu les services de Me Neelkanth Dulloo, au sujet de l’identité de son prédécesseur comme cosignataire avec Navin Ramgoolam pour ce compte spécifique à la MCB ouvrent un nouveau chapitre dans le volet de l’enquête consacré à la Navin’s Coffers Saga dans le cadre de l’opération « Lakaz Lerwa Lion ». Avec le nom de l’ancien président de la République cité par un des protagonistes, les responsables de l’enquête se penchent sur la nécessité de consigner la version des faits de Kailash Purryag au sujet des transactions financières du PTr pour la période avant 2012, soit avant son accession à la State House.
Toutefois, à ce matin, aucune des sources interrogées par Le Mauricien n’a voulu s’aventurer pour confirmer l’éventualité d’une audition de l’ancien président de la République dans cette enquête visant à faire la distinction entre les finances personnelles de l’ancien leader du Labour et celles du parti.
Aucune indication si Kailash Purryag aura à faire très bientôt les marches du QG du Central CID ne serait-ce qu’à titre de témoin comme c’est le cas pour Law Hing Choy Kang Foong, aussi connu sous le nom d’Ah Fat. Après examen du dossier et consultations avec le State Law Office, la police pourrait également prendre la décision d’adopter une approche plus discrète avec le déplacement d’une escouade en la résidence de l’ancien chef de l’État.
Toutefois, sur le plan politique, les dernières révélations du trésorier du Parti travailliste relancent les interrogations autour des circonstances de la démission précipitée de Kailash Purryag de la présidence de la République à la fin de mai dernier. Dans le communiqué officiel émis par la State House le 29 mai dernier, mention est faite d’un accord passé avec le Premier ministre, sir Anerood Jugnauth, le 29 janvier dernier au sujet du timing de cette démission. Mais la déclaration d’Ah Fat peut ouvrir la porte à d’autres spéculations politiques dans la conjoncture.
D’autre part, le même Ah Fat devra retourner de nouveau aux Casernes centrales au plus tôt vers la fin de la semaine prochaine. L’ancien Senior Adviser au Prime Minister’s Office de Navin Ramgoolam sera interrogé formellement au sujet du contrat jackpot de Rs 10 milliards alloué au groupe Betamax le 27 novembre 2009. À cette époque, il siégeait en tant que membre sur le conseil d’administration de la State Trading Corporation (STC) et avait eu son mot à dire dans le dossier d’acquisition d’un pétrolier pour le compte de cet organisme.
Force est de constater que l’enquête sur le scandale Betamax abordera une phase décisive en début de semaine prochaine. L’ancien Premier ministre a été convoqué pour lundi matin au central CID pour une nouvelle séance d’interrogatoire. Il n’est pas exclu qu’il fasse l’objet d’une nouvelle arrestation avec de nouvelles inculpations provisoires logées contre lui.