Un awareness session day a été organisé par la CERT-MU en collaboration avec le ministère de l’Éducation au Collège Saint-Esprit Rivière-Noire hier. « Le nombre d’actes de cyberbullying a augmenté de façon drastique », a soutenu Suraj Ramgolam, le chairman du National Computer Board (NCB). Selon les statistiques de la Computer Emergency Response Team of Mauritius (CERT-MU), le chiffre serait passé de 13 % du nombre de plaintes enregistrées en 2010 à 52 % en 2011 et finalement 67 % en 2012. Un chiffre qui démontre que la vigilance est de mise.
C’est quoi le cyberbullying ? Dans son édition du 7 juillet, Le Mauricien parlait « d’attitude de tyran combinant des outils, tels l’internet, aux nouvelles technologies de communication pour parvenir à ses fins : moqueries, injures, humiliations, menaces, propagation de fausses rumeurs via un réseau social. »
Selon la CERT-MU, le “tyran 2.0” serait celui qui est toujours apte à « minimise chat windows » quand ses parents sont derrière lui, qui évite de discuter de ce qu’il fait en ligne ou encore qui vole le compte de ses amis.
« Nous avons eu des cas où l’on a demandé à des jeunes garçons et filles d’enlever leurs vêtements ou de faire d’autres choses indécentes en ligne », affirme Selvana Gopalla, membre de la CERT-MU. Elle fait ressortir que les victimes de cyberbullying cessent d’utiliser leur téléphone cellulaire, sont nerveuses quand ils reçoivent un message ou encore un courriel. Ils ont souvent tendance à ne pas vouloir aller à l’école mais refusent d’en dire la raison.
« La CERT-MU ce n’est pas comme la police. Nous, c’est la prévention », nous explique le chairman du NCB. « La cybersécurité est aussi importante que la sécurité physique. Bien qu’elle ne soit pas tangible, l’impact et la gravité sont la même bien qu’on ne le voie pas. »
« On a tous les outils, mais les enfants n’en maîtrisent pas toujours l’usage. Il y a eu des cybercrimes tels que des propos racistes ou encore le logo du collège du Saint-Esprit souillé, parfois par des gens éduqués », affirme Patrick Antonio, recteur du collège Saint-Esprit Rivière-Noire.
L’illusion de la sécurité en ligne serait-elle la cause ? « Vous pouvez avoir des privacy settings stricts et penser que vous êtes en sécurité parce que vous avez choisi qui peut avoir accès aux informations mais cela ne garantit pas que vos amis ne peuvent pas partager les informations que vous avez publiées », argue Selvana Gopalla.
« On peut modifier les informations, harceler sur la manière de s’habiller. Donner des informations aux personnes non autorisées peut nuire. Nous avons eu des cas d’usurpation d’identité en ligne. Quand les employeurs cherchent quel type de personne vous être, vous pouvez avoir des problèmes » déclare Suraj Ramgolam.
Le 8 février 2011, l’ICT a lancé le « online content filtering », afin de filtrer les sites à caractère pornographique à Maurice. Cette année afin de marquer le Safer Internet Day, un atelier de travail a été organisé par la CERT-MU au Mahatma Gandhi Institute.