La politique énergétique et la nécessité du projet de centrale thermique à charbon de 100 MW à Pointe-aux-Caves, Albion, continuent de faire débat avec en toile de fond un véritable bras de fer entre la National Energy Commission (NEC) et le Central Electricity Board (CEB). Mardi dernier, à l’Assemblée nationale, le Premier ministre adjoint et ministre des Utilités publiques, Rashid Beebeejaun, a donné un avant-goût des relations à haute tension entre ces deux organismes, privilégiant le rôle du CEB. Sans donner l’air de répondre du tac au tac, la commission Manraj a soumis le CEB et les promoteurs de CT Power à un véritable barrage de questions sur le projet de la centrale d’Albion. À la fin de mai, la NEC compte revenir à la charge avec un rapport où les forecasts établis par le CEB pour la période 2013-2022 seront remises en question de manière catégorique.
Avec la mise sur pied de la NEC, présidée par un des Senior Advisers au Prime Minister’s Office, l’opposition parlementaire, en particulier le député Joe Lesjongard, ne s’est épargné aucun effort pour s’appesantir sur le fait que le ministère des Utilités publiques n’a plus sa raison d’être et mettre en difficulté le N°2 du gouvernement, Rashid Beebeejaun. Mais d’entrée de jeu, anticipant les moves de l’opposition, Rashid Beebeejaun a tenté une parade assez timide en avançant que « the commission has no legal powers and is purely advisory ».
Malgré les assurances données par le Premier ministre adjoint et ministre de tutelle, le député Steeve Obeegadoo a stigmatisé « the total silence of the ministry when the critical debate on the future energy policy has been going on ». Pour conclure le tout, il rejoint son camarade de l’opposition en demandant : « will the Honourable Deputy Prime Minister therefore agree that, given hardly any residual powers/role of his ministry, will he recommend the aboliton of his ministry ? »
Le rôle purement consultatif attribué à la NEC par Rashid Beebeejaun n’a pas pour autant atténué l’ardeur des membres de la commission Manraj, qui poursuivent leurs délibérations hebdomadaires en vue de soumettre un premier rapport au gouvernement à la fin du mois de mai. Les premiers recoupements d’informations indiquent que les principales recommandations de la NEC devront favoriser la politique en faveur de l’exploitation de sources d’énergie nouvelles et renouvelables pour les années à venir. L’objectif déclaré de ce premier rapport de la NEC sera de faire la démonstration que, contrairement à la position du CEB, l’exploitation des énergies nouvelles et renouvelables représente l’avenir du pays. Ce rapport, qui est actuellement en voie de préparation, proposera une série de décisions politiques, dont la mise sur pied d’un Renewable Energy Fund, avec un mode d’autofinancement par le secteur énergétique. Ce fonds encadrera les efforts en vue de promouvoir des projets dans le créneau d’énergies renouvelables aux dépens du charbon.
Dans la perspective de promouvoir une politique énergétique conforme au projet de Maurice Ile Durable (MID), la NEC se prépare à s’engager dans un travail de démolition des prévisions de croissance et de consommation énergétiques retenues de l’Integrated Energy Plan 2013-2022 présenté officiellement par le CEB. Cette responsabilité a été confiée à des membres faisant d’un partie des deux sous-comités de la NEC. Un Demand-Supply Matrix développé à partir de la PowerPoint Presentation par le CEB constituera le tremplin pour cette contre-analyse de l’Integrated Energy Plan.