Les auditeurs de la MBC ont été attristés d’apprendre, dans le courant de la semaine écoulée, la disparition de Abdus Salaam Ahmadi, emporté par une maladie à 71 ans. Cet animateur emblématique de la station nationale, connu tant pour ses prestations à la radio qu’à la télévision, comptait  d’innombrables fans, surtout parmi ceux et celles raffolant de l’époque glorieuse du cinéma Indien.
Fils de Abdul Munshi Haye Ahmadi, frère des illustres Abdul Rafe et Abdul Baki Ahmadi, Abdus Salaam se distinguait par ce timbre de voix si particulier, feutré et mélodieux, et qui a conféré à la famille Ahmadi sa réputation des décennies durant, et cette empreinte indélébile de leur passage à la MBC. «On est entrés à la station nationale en 1964, en même temps, se souvient un complice de la première heure, en l’occurrence, Bhoomitra Sharma Ayrga, autre pionnier de la radio et de la télé nationale. Mais nous avons eu des parcours différents… Lui était affecté directement à l’animation, tandis que j’ai été orienté vers la production des émissions, dans le département des langues orientales.» Abdus Salaam Ahmadi avait alors 21 ans et Ayrga, 19. Leur cheminement commun les a amené à se côtoyer et à faire ensemble les expériences des nouvelles technologies; de même qu’à prendre part à l’avènement des émissions télévisées, dès février 1965.
«Il restera, pour moi, un pionnier de la radio moderne, de l’Île Maurice: il a connu les premières années de la télévision; il a connu l’époque où la radio n’émettait pas 24/24 et où il fallait jongler avec les horaires pour faire plaisir au plus grand nombre. Nous avons ensemble travaillé dans des conditions extrêmes et difficiles. Mais jusqu’à ce qu’il pousse son dernier soupir, Abdus Salaam Ahmadi n’a jamais eu une doléance de la part d’un auditeur… Zame okenn dimounn pa finn plein ni plaigne ek so bann program; ki li lor radio ou lor television…», témoigne l’actuel Advisor in Programmes & Production de la radio et de la télévision. M. Ayrga confie que «Abdus Salaam était un homme d’une bonne nature et d’un bon caractère.»
Il restera surtout dans les mémoires comme «un jeune qui, comme tous les jeunes, a, à son époque voulu faire preuve d’initiative et il a brillé en ce sens.» De fait, à l’actif de l’animateur disparu perdurera dans les mémoires des émissions télés telles que le dernier-né Yaadein (les vendredis soirs sur MBC2) ou Yaad E Mehboob (dans les années 70 et 80), ou à la radio, des rendez-vous quotidiens comme Aap ke raat, ek shaam ou Woh saal, woh geet… Des émissions où il faisait la part belle aux « evergreen » du cinéma Indien: des morceaux choisis des grands comme Mohamed Rafi, Talat Mehmood, Kishore Kumar, Manna Dey, Hasrat Jaipuri, Shamshad Begum, Suraiya, Lata Mangeshkar et ces voix d’or du septième art Indien.
Sa voix résonnera à jamais dans les tympans de plusieurs générations d’auditeurs Mauriciens, qui ont découvert et apprécié grâce à Abdus Salaam Ahmadi des perles rares du cinéma indien.
Le Mauricien présente ses sympathies à la famille de l’animateur décédé.
 
* « Alvida » signifie « Adieu »
Abdus Salaam Ahmadi est issu d’une famille qui, au fil des générations, a marqué l’histoire de la MBC