C’est avec peine que nous avons appris le décès tôt hier matin de l’historien Benjamin Moutou. Notamment diplômé de l’école des Hautes Études en Science sociale de Paris IV Sorbonne et détenteur d’un Postgraduate certificate en Planification de projets de l’Université de Bradford, Benjamin Moutou a longtemps été haut fonctionnaire au ministère des Coopératives où il a assumé les fonctions de Secrétaire au développement coopératif ainsi que celle de Registrar des Coopératives.
Est-ce sa façon à lui de nous prévenir de son départ imminent : toujours est-il que la veille, vendredi dans l’après-midi, il a appelé à la rédaction de Week-End pour s’enquérir de la date à laquelle sa dernière contribution à notre publication allait être publiée. Benjamin Moutou était en effet un chroniqueur régulier de Week-End, où il faisait monte de ses connaissances en matière d’histoire.
Sa passion pour l’histoire remonte à son enfance quand, sur les genoux de sa mère, il apprenait par exemple, de bouche à oreille, les péripéties de la bataille du Grand-Port, l’unique victoire navale de Napoléon. Au nombre de sa demi-douzaine de publications, figurent entre autres « Rivière Noire – 400 ans d’histoire », ou encore « Les Chrétiens de l’île Maurice ».
Benjamin Moutou a été un des commissaires de la Commission Vérité et Justice qui avait été chargée de faire la lumière sur l’histoire des descendants d’esclaves et des immigrants indiens. Il a aussi été membre fondateur de l’Union chrétienne.
Homme de conviction, au même titre que son défunt frère, Camille Moutou, il était entre autres, partisan du maintien du Best Loser System. Toutefois, il a milité pour que l’appellation « Population générale » soit plutôt remplacée par « Créole et autres chrétiens ». Week-End publie plus loin, ce dimanche, sa dernière contribution en tant qu’historien à notre journal.
A tous ceux que ce deuil afflige, particulièrement aux membres de sa famille, Week-End présente ses sincères condoléances.