Notre collègue Berky Ombrasine est décédé hier à l’âge 65 ans des suites d’une longue maladie et de souffrances.
Berky épouse le métier de journaliste au début des années 1970. Il travaille dans quelques journaux, dont La Vie Catholique, avant de se joindre à l’équipe rédactionnelle du Mauricien. Très vite, il se révèle un des meilleurs « news gatherer » de la presse locale avec une ramification de contacts tant dans les milieux gouvernementaux que dans le secteur privé.
Devant les jeunes journalistes intimidés, il disait fièrement : « Je suis un des hommes les plus informés du pays. » Ce qui était vrai. Il a d’ailleurs remporté le prix du meilleur scoop dans le cadre du prix Nicolas Lambert, qui était organisé à l’époque par l’Association des journalistes de l’île Maurice (AJIM), aujourd’hui disparue. Le prix lui avait été remis par le Premier ministre d’alors, sir Seewoosagur Ramgoolam.
A une époque où il n’y avait ni communiqués publiés après la réunion du cabinet – qui avait alors lieu les jeudis – ni attachés de presse ou responsables de communication ministérielle, il était toujours bien informé sur les principales mesures prises par le gouvernement. Il était à cette époque très proche de personnalités comme sir Kher Jagatsingh, Angidi Chettiar ou encore James Burty David.
Très au fait de toutes les manoeuvres politiques, qui ont toujours existé à Maurice, Berky a aussi suivi de près les mouvements de grèves dans les années 1971, mais aussi les élections générales de 1976, de 1983, et celles qui leur ont succédées. Il était aux premières loges lors de la cassure du MMM et la création du MSM.
Berky était également très apprécié de sir Gaëtan Duval et des dirigeants du PMSD. Le leader des bleus avait d’ailleurs l’habitude de l’appeler pour discuter de la situation politique. Berky était passionné par son métier et sillonnait régulièrement les routes de Maurice. Dans les bureaux du Mauricien, il était très apprécié et était toujours prêt à aider ses confrères et autres collègues. Il s’est donné corps et âmes dans les moments les plus difficiles. Au sein du personnel, on se souvient encore de sa voix, qu’on entendait de loin, commentant l’actualité et s’engageant avec énergie dans des débats politiques. Avant l’arrivée des radios privées, Berky animait, dans les colonnes du Mauricien, une rubrique consacrée aux doléances, véritable fenêtre ouverte à tous ceux connaissant des problèmes, administratifs et autres.
Les funérailles de Berky Ombrasine ont lieu aujourd’hui à 15h en l’église Notre Dame de Lourdes, à Rose-Hill. A son épouse Georgette, sa fille Odile et son fils et ancien collègue Christophe, ainsi qu’à toute sa famille, Le Mauricien présente ses plus sincères condoléances.