Émilie Louise Codor, affectueusement appelée Tantine Boudoute, qui s’apprêtait à fêter ses 113 ans en janvier prochain, a tiré sa révérence vendredi matin à l’hôpital Jeetoo à Port-Louis. Elle habitait avec son petit-fils Jonathan et la femme de celui-ci, Charlène, à rue Abattoir, Roche-Bois. Lorsque Week-End l’avait rencontrée en janvier 2012, Tantine Boudoute, originaire de Diego Garcia, s’apprêtait à souffler ses 110 bougies. Bien que frêle et se déplaçant à l’époque avec une canne, elle avait fait preuve d’une bonne humeur contagieuse et d’une lucidité déconcertante.
Elle avait grandi à Maurice entourée de l’affection des proches de son père. Mais devait durant son adolescence être rappelée à Diego Garcia en raison de la fièvre espagnole qui y faisait un ravage. Elle est retournée sur sa terre d’adoption pour y faire soigner un de ses fils et ne devait jamais repartir.
Elle passa sa vie à travailler dans les plantations et à confectionner les voiles de bateau pour faire vivre ses trois enfants, tous décédés. En 2012, elle pouvait s’occuper d’elle sans l’aide de personne et préparait elle-même son thé le matin. Elle attribuait sa longue vie à sa foi en dieu. Elle passait, selon ses propres mots, ses journées à lui parler. Récemment, explique Jonathan, elle ne marchait presque plus mais restait néanmoins lucide. « Elle disant à tous ceux qui lui rendait visite qu’elle priait pour eux », raconte ce dernier, la voix empreinte d’émotion.
Les obsèques de Tantine Boudoute ont eu lieu hier matin. Elle repose désormais au cimetière de Pailles.