Bernard Philogène, un correspondant au Canada, a rendu un vibrant hommage à son collègue et ami et universitaire, le professeur Michel Roussel, décédé le 29 décembre dernier lors de ses funérailles à la Cathédrale d’Ottawa. En voici un extrait:
Michel Roussel (1925-2012)
« Je suis très heureux de pouvoir rendre hommage au professeur Michel Roussel, un très cher ami, un esprit bienveillant et généreux, un estimé collègue, un vrai universitaire et un compatriote.
After classical studies at the Royal College of Curepipe – a pre-university institution – Michel took upon himself to acquire a university education by correspondence, since there was no university in the colony, and since he did not have the means to travel to Europe. His perseverance, his determination and his intellectual capacity helped him obtain a Bachelor of Arts degree from the University of London and an M.A. in classics from the same institution. This remarkable achievement under difficult circumstances, outside a normal university environment is a testimony to his intelligence and his stamina. And all this while working – actually teaching – to save enough money to be in a position to travel to England. Michel went to Cambridge University where he graduated with a M. Litt. degree under the supervision of professor Guthrie. With his first class knowledge of English, French and the classics he also undertook doctoral studies in the History of Philosophy at the Sorbonne in Paris, under the guidance of professor Schuhl.
Arrivé à l’Université d’Ottawa en 1960, Michel Roussel a gravi tous les échelons de la carrière professorale avant de prendre sa retraite avec le statut de professeur émérite. Il a d’autre part été chercheur au C.N.R.S. en 1978-79.
Je disais au début que Michel était un vrai universitaire.  Cet homme d’une grande culture, était un spécialiste de la pensée grecque présocratique; il porta également son attention sur le lien entre la pensée philosophique et la pensée scientifique chez les Grecs. Margaret et Michel Roussel ont publié chez Blackwell une traduction de “La civilisation hellénistique” de François Chamoux. Michel a non seulement donné des cours au Département d’Études anciennes mais aussi supervisé le travail de nombreux étudiants en thèse, étudiants qui l’appréciaient grandement. Très aimé et respecté de ses collègues immédiats autant que des professeurs d’autres facultés de l’Université, Michel assuma pendant une année la présidence de l’Association des professeurs de l’Université d’Ottawa. Il n’a jamais ménagé son temps et son énergie pour cette institution et a contribué généreusement à son fonds de bourse. Aussi ne doit-on pas s’étonner qu’il ait été formellement reconnu comme  pilier de la Faculté des Arts.
Ses responsabilités universitaires n’ont pas empêché Michel d’être totalement dévoué à sa famille. Margaret, Anne-Marie et Dominique peuvent en témoigner. Non seulement cet époux et père exemplaire leur a-t-il donné le meilleur de lui-même, il a su aussi maintenir avec ses frères et soeurs restés dans l’hémisphère sud de forts liens familiaux, malgré la distance. Très attaché au Canada, Michel était resté un mauricien authentique avec qui j’avais grand plaisir à discuter des évènements et des personnes qui avaient marqué notre existence là-bas, mais aussi la façon dont évoluent les choses actuellement. Michel était un de ces mauriciens émigrés au Canada dont un haut-commissaire du Canada a Maurice a dit : « Ils sont exemplaires dans tous les domaines d’activité et sont de très bons ambassadeurs de l’Ile Maurice au Canada ».
Michel, comme me l’a si bien dit son collègue Carlos Bazan qui ne peut être avec nous cet après-midi, tu as enrichi nos vies avec ton amitié et ta probité.
Et je voudrais terminer sur ces paroles du poète mauricien Malcolm de Chazal :« Notre vie se passe à souhaiter demain et à regretter hier, et à désirer qu’aujourd’hui soit tout ensemble demain et hier. La minute présente n’a de parfait qu’autant que s’y reflètent les joies du passé et les mirages des bonheurs futurs. Le temps, élément de joie, est le raccord immatériel du souvenir et de l’espérance. »