Vèle Kadressen

C’est un vrai témoin privélégié de l’histoire contemporaine que Maurice a perdu avec le décès de Vèle Kadressen. Ce dernier était le dépositaire d’une des plus riches archives photographiques de Maurice depuis la période pré-indépendance. Tous ceux qui l’ont cotôyé au cours de sa longue carrière professionnelle, et même après, reconnaîtront la valeur du travail de ce photographe émérite, qui n’a jamais eu froid aux yeux.

C’est vers lui que tous ceux souhaitant illustrer l’histoire du pays à l’occasion du 50e anniversaire de l’indépendance devaient normalement se tourner. Vèle Kadressen, qui faisait carrière comme photographe au quotidien l’express, était connu pour sa fougue au travail. Rien ne pouvait l’empêcher d’obtenir la photo qu’il fallait au moment où il le fallait et, pour ce faire, il n’hésitait pas à interpeller les plus grands de ce monde, y compris Indira Gandhi, qui a effectué plusieurs visites officielles à Maurice. Il était d’ailleurs connu et apprécié des principaux dirigeants du pays, dont sir Seewoosagur Ramgoolam. Le Minister Mentor, sir Anerood Jugnauth, se rappellera sans nul doute que pour l’une de ses premières prestations en tant que Premier ministre, à Réduit, il avait eu recours aux lunnettes de Vèle Kadressen vu qu’il n’arrivait pas à trouver les siens. De quoi être fier de ce photographe de presse respecté et respectable. On garde en mémoire une exposition qu’il avait organisée à l’hôtel de ville de Curepipe et dont il était très fier.

Vèle Kadressen pour son courage. Frappé d’une maladie qui l’avait partiellement immobilisé, il a mis toute son énergie pour la surmonter, reprendre son sac contenant son appareil photo sur le dos et poursuivre son métier de photographe pour lequel il a consacré sa vie. On se souviendra de lui comme de quelqu’un ayant toujours été proche des journalistes, avec qui il était toujours prêt à s’engager dans des débats passionnés. Sa dépouille quittera son domicile, rue Enniskillen, à Port-Louis, à 15h demain pour se rendre à Piton. Nous présentons nos plus sincères condoléances à son épouse et ses deux filles.