Nous avons appris avec beaucoup de tristesse le décès de notre ancien collègue Vishwa Mootoocurpen à l’âge de 63 ans à la suite d’une maladie. Perdre un collègue, même un ancien, qu’on a côtoyé quotidiennement pendant une quinzaine d’année est comme perdre un des siens, un membre de sa famille.
Vishwa Mootoocurpen, qui était affecté à la rubrique judiciaire, rapportait, consciencieusement et quotidiennement, les jugements de la Cour suprême qu’il avait soit suivis personnellement, soit obtenus d’un ami fidèle, secrétaire de juge. Il était aussi toujours prêt à s’engager dans tous les débats. C’était ainsi une passion pour lui d’argumenter et d’analyser l’actualité ou les autres questions et idées à la mode dans le pays, le sens du mauricianisme, la politique ethnique, les stratégies politiques du gouvernement et de l’opposition, la culture, surtout tamoule…
Pour souligner un point qui lui tenait à coeur, Vishwa Mootoocurpen se levait avec une lenteur légendaire de son fauteuil et essayait de convaincre ses interlocuteurs avec de grands gestes de la main. Finlay Salesse, Berky Ombrasine, Raj Gowreea, Sydney Selvon, Pierre Benoît, Christian Michel, Alain Gordon-Gentil, Gaëtan Sénèque étaient toujours prêts à participer aux débats et lui donner la réplique. En fin d’après-midi, il prenait toujours son sac et d’un pas lent, descendait les escaliers pour se diriger vers sa voiture…
Vishwa Mootoocurpen couvrait également l’actualité politique. Il a ainsi participé à la couverture des élections de 1982, 1983 et 1987 entre autres. Pour notre part, nous nous souvenons des interviews politiques que nous faisions en commun. Il s’est souvenu pendant longtemps d’un entretien du Premier ministre d’alors à La Caverne et qui l’avait beaucoup touché : sir Anerood Jugnauth, très affable en dehors de la politique, avait tenu à préparer lui-même le thé et nous servir avant de répondre à nos questions.
Avec lui, c’était également des éclats de rire. Un jour, Alain Gordon-Gentil a raconté avoir été témoin d’une scène plus fictive que véridique : lorsque Vishwa Mootoocurpen arrivait au Camp des Embrevades où il résidait à Pamplemousses, tous les enfants du voisinage chantaient en choeur « Renault, Renault, Renault » pour accueillir sa R5. On en a ri pendant longtemps…
Par la suite, Vishwa Mootoocurpen a quitté Le Mauricien pour d’autres aventures, notamment en tant qu’attaché de presse, et dans d’autres publications. Ses funérailles sont prévues ce week-end.
À sa veuve et ses deux enfants, Le Mauricien leur présente ses plus sincères condoléances.