Qui ne connaît pas la « Maison Damoo » sur La Chaussée à Port-Louis ? Une entreprise créée dans les années 40 par Issac Damoo, horloger de son état, qui s’est interessé par la suite à  la sonorisation. Son épouse Sherifa a été la première femme musulmane à être élue adjointe au maire dans les années 50.
Ce que l’on connaît moins, c’est qu’à la mort de Issac, c’est son fils ainé Yousouf Ismaël, très jeune pourtant, qui lui succède après avoir interrompu ses études prématurément pour faire bouillir la marmite d’une nombreuse famille : quatre frères et deux soeurs.
Yousouf Damoo continue ainsi les activités de son père et assure la sonorisation des meetings (où il rencontre les grands tribuns : Anquetil, Rozemont, Seeneevassen, Boolell, Forget, Rault, Seewoosagur, Ohsan, les frères Ghurburrun parmi tant d’autres), des mariages, des processions, des fancy-fairs, des bals et des radios-crochets. Un accident le cloue au lit pendant de nombreuses années et c’est son frère qui lui succède.
Tous reconnaissent que Yousouf Damoo a été l’âme de cette enterprise qu’il a diversifiée par l’importation des instruments de musique. Une enterprise qui a pignon sur rue avec un nom comme un label et une image de marque.
Cet homme qui s’en est allé à 75 ans le dimanche 1er avril était surtout connu pour sa grande générosité et son esprit de tolérance. Il avait épousé une catholique Maud Saléce et ses deux enfants Sharin et Gilbert sont baptisés. C’est ainsi que la famille a vécu dans une double culture religieuse.
Sa disparition est vivement ressentie, surtout par cette génération qui a fait la gloire du ward 4 de l’époque.