Il y a des gens qui n’hésitent pas à quitter leur zone de confort dans laquelle ils travaillent pour s’accrocher à leur rêve de jeunesse. Neelam Noyan-Rose, 34 ans, en fait partie. Cette habitante de Poste Lafayette, qui était employée dans une unité de textile comme Production Clerk, a tout quitté pour devenir chauffeur de taxi.

Faire le métier de son père, qui était chauffeur de taxi et faisait le va-et-vient entre Poste Lafayette et Centre de Flacq. Pour Neelam Noyan-Rose (34 ans), c’est un rêve qui se concrétise. Après une congestion cérébrale en septembre 2017, son père a dû abandonner son métier. Au départ, explique la jeune femme, elle a longuement hésité. Elle se demandait si cette réorientation professionnelle valait le coup. « J’aspirais à une meilleure rémunération en raison du coût de la vie. Après mûre réflexion, j’ai pris ma décision et depuis un certain temps, je fais le va-et-vient entre Poste-La-Fayette et Centre de Flacq.

Pour faire ce métier, il faut être toujours disponible. Avant de commencer ce métier, j’avais insisté auprès de mes parents pour qu’ils me laissent travailler la nuit aussi. Car il n’était pas question que je refuse les clients à cause des préjugés liés à cette profession. Ce qui était important pour moi lorsque j’avais changé de métier, j’étais sûre de mon choix. Donc, pas d’entrave à ma liberté. »

Quelques jours après avoir pris le travail, Neelam accueille ses premiers clients. C’était un couple qu’elle connaît très bien et qui allait se distraire dans une discothèque de la localité. « Cela ne veut en aucune façon dire qu’il ne faut pas être sur ses gardes. Je suis prudente. Mais comme partout ailleurs, il y a des risques, mais que voulez-vous ? »

Bien qu’elle soit nouvelle dans le métier, Neelam ne veut s’attarder sur l’idée reçue que les femmes seraient plus prudentes au volant que les hommes. « Ki ou enn zom ou ene fam, se ki inportan, se ki ou bisin pran tou prekosion pou evite ki enn zour ou pa trouv ou inplike dan enn aksidan fatal parski pour mwa bann situasion koumsa li tou letan rest dan memwar fami viktim-la ek pou kondikter ou kondiktris-la. »

Pour bien faire ce métier, selon Neelam, il faut de la courtoisie, la discrétion, savoir renseigner les touristes, alimenter la conversation quand on emmène ces derniers faire un tour, être au courant des endroits branchés, plonger de temps en temps dans les guides touristiques pour mettre à jour ses connaissances personnelles.

Le premier incident qu’elle a connu depuis a été une prise de bec avec le conducteur et le receveur d’un autobus individuel qui faisait quotidiennement le même trajet qu’elle. « Le conducteur n’arrêtait pas de klaxonner chaque fois qu’il me croisait en route. C’était presque du harcèlement. Un jour, ils s’étaient permis de m’arrêter en cours de route pour me demander si j’avais le droit de prendre des passagers sur ce trajet. Ils ont eu un comportement très agressif. Je leur ai fait comprendre que j’avais suivi toutes les procédures et que je détenais un permis en bonne et due forme. J’ai insisté et ils ont fini par accepter.

Et quid des taxis marron ? Selon Neelam, même si certains parmi eux savent très bien qu’ils vont être verbalisés et devront débourser une somme d’argent en guise d’amende, cela ne les empêche pas de prendre le risque. « Comme les passagers sur le trajet Poste-de-Flacq–Centre-de-Flacq sont rares pendant la journée, on le voit moins souvent. Ce qui explique pourquoi ce scénario ne se joue pas toute la journée comme dans d’autres endroits. »

Ayant acquis une certaine expérience dans le domaine, Neelam ne compte pas s’arrêter en si bon chemin. « Je souhaite donner plus de confort à mes clients », se contente-elle de dire.