Les parents d’une fillette de 10 ans ont déposé une plainte au ministère de la Santé contre l’hôpital SSRN. Ils y dénoncent le traitement réservé à l’enfant, l’attitude jugée déplorable et le diagnostic contradictoire du personnel médical. Souffrant d’une infection virale et paralysée à un certain moment, la patiente « l’a échappé belle », selon sa mère, qui souligne que grâce aux soins des médecins de l’hôpital Jeetoo, qui ont pris le relais, « ma fille est guérie. »
Les faits remontent au 29 mai 2017. « Ma fille de 10 ans faisant une forte fièvre, nous l’avons transportée à l’hôpital de Pamplemousses », relate la mère, inquiète du comportement inhabituel de sa benjamine. Outre des pleurs continus, elle note l’intense fatigue et l’agitation de son enfant. Or, « après avoir brièvement examiné son cas », selon elle, le médecin lui a donné des antibiotiques et du paracétamol, et « nous a autorisées à rentrer à la maison. » 
Mais l’état de la fillette a continué à se détériorer. « Elle restait clouée au lit et perdait partiellement l’usage de ses bras et jambes, avait des douleurs abdominales et a même été obligée de se déplacer constamment en chaise roulante », obligeant les parents à retourner dans le même établissement hospitalier le 19 juin, poursuit cette mère de trois enfants. Toutefois, elle avance que les choses ont tourné au vinaigre lorsque le médecin lui a prescrit des médicaments et demandé de rentrer à la maison. « J’ai insisté pour qu’il fasse un test sanguin à mon enfant, mais il a refusé. »
Ce qui est plus grave et hallucinant, martèlent les parents, a été la réaction du médecin traitant « lorsqu’on lui a demandé de procéder à des examens approfondis pour savoir quel était son problème. » Selon eux, il a ajouté que « ou tifi pe rod pretex pou pa al lekol dapre lord. Amenn li lakaz et donn li yaourt pou manzé. » La maman, choquée par la tournure des événements, dénonce à ce propos ce qu’elle considère être « une négligence médicale. » 
L’enfant, qui est en standard V, a raté deux mois de classe et en amont les examens du second trimestre. Selon les dires du père, ils se sont rendus à l’hôpital SSRN environ cinq fois. Les parents décident alors de conduire la gamine à l’hôpital le 23 août pour avoir un autre avis médical. « Li ti tou letan lor enn sez roulant, demi-paralize e mo ti dan dezespwar », confie-t-elle. Mais elle reprend espoir après la décision des médecins de l’hôpital d’effectuer une prise de sang et un IRM. 
« On m’a dit qu’elle était atteinte d’une infection virale ou plus précisément d’une myélite transverse aiguë qui aurait dû être soignée depuis longtemps. » Un médecin de l’hôpital définit les symptômes de cette maladie comme « des poussées inflammatoires qui peuvent endommager ou détruire la myéline qui recouvre les neurones, et la cicatrisation de ces lésions peut interrompre la communication entre une partie des nerfs de la moelle épinière et le reste du corps. » 
Placée aux soins intensifs, la fillette, que Week-End a rencontrée, a retrouvé depuis l’usage de ses bras, des jambes et par-dessus tout….le sourire, qui en dit long sur son soulagement d’être à nouveau sur pied et de pouvoir retrouver les siens et retourner à l’école. « Grâce aux soins des médecins de l’hôpital Jeetoo, notre fille est guérie. Elle l’a échappé belle. » Épuisée après toute cette épreuve, la maman se dit soulagée que le problème a été détecté à temps pour qu’elles puissent enfin rentrer à la maison. 
« Je lance un appel aux médecins afin qu’ils aient une approche plus humaine, surtout lorsqu’il s’agit d’un enfant. » Et d’ajouter, en lançant un regard rempli d’affection vers sa fille : « Mo priye pou ki bann lezot mama pa viv sa zafer par li mo’nn pase la. » Les parents ont formulé une plainte formelle au ministère de la Santé contre l’hôpital du Nord. « Nous voulons alerter le public sur tout le manque d’humanité, dans un moment difficile, qui est reproché au personnel hospitalier. » 
Joint au téléphone, l’attaché de presse du ministre de la Santé, Jameer Yeadally, nous a confirmé avoir pris contact avec l’administration de l’hôpital SSRN. « Les parents ont porté plainte et je peux vous assurer qu’une enquête est en cours afin de faire la lumière sur ce cas. »