L’ivresse des festivités de fin d’année 2014 évaporée, l’attention de l’opinion publique dans notre pays s’est néanmoins vu détournée au cours des premiers jours de la nouvelle année par l’installation du nouveau pouvoir politique issu des dernières élections et son apparente détermination à faire rendre compte à l’ancien Premier ministre dans l’affaire Roches Noires. Il y a eu, ensuite, la préoccupation sécuritaire urgente suscitée par la présence dans nos parages de l’intense cyclone Bansi. Toutefois, il est un dossier auquel il faudra absolument commencer à accorder toute l’attention qu’il nécessite : le rapport de l’enquête judiciaire sur les circonstances des inondations subites (flash floods) du 30 mars 2013 !
Il peut prévaloir la désagréable impression que le rapport d’enquête déposé auprès du Directeur des poursuites publiques vingt-neuf mois après les événements qui firent onze morts a jusqu’ici reçu un traitement des plus banals en comparaison à l’ampleur de la tragédie qui avait marqué la terrible journée du 30 mars 2013. Certains, d’ailleurs, ne semblent n’y avoir retenu que de l’incompétence des services météorologiques. Or, même si la Senior magistrate Dookhy-Rambarun, de la cour de district de Port-Louis, qui a mené l’enquête, a conclu qu’il n’y a pas eu de foul play dans le décès des malheureuses victimes, il n’en demeure pas moins qu’elle a relevé des manquements effarants dans le système général de protection civile à Port-Louis, la capitale du pays. Week-End consacre près de deux pages à ce rapport (voir les pages 53 et 54 de Week-End de la semaine dernière), mais tout n’y est pas dit et les constats de la Senior Magistrate méritent amplement quelques commentaires que nous formulons ici.