La diplomatie économique de Maurice sera mise à rude épreuve cette année avec un agenda de négociations commerciales très chargé tant au niveau multilatéral que régional voire bilatéral. Les techniciens du ministère des Affaires étrangères et du Commerce international, en particulier, et ceux du secteur privé, notamment de la MCCI, seront constamment sur la brèche pour préparer ces négociations, indiquent les spécialistes des dossiers de négociations commerciales.
L’événement le plus attendu de 2013, souligne-t-on, sera la tenue de la neuvième conférence ministérielle de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) prévue à Bali, Indonésie, du 3 au 6 décembre 2013. La participation à cette conférence, indiquent les milieux concernés, nécessitera une préparation minutieuse, des consultations soutenues avec divers pays et groupes de pays pour décider de la voie à suivre. « It will be a make-it or break-it meeting for the credibility and future of the multilateral trading system », nous a déclaré Assad Bhuglah, directeur de la Trade Policy, division de commerce international du ministère des Affaires étrangères. L’OMC a lancé l’un des plus importants rounds de négociations commerciales, aussi connu comme le Doha Development Round, en 2001 avec pour objectif de conclure les négociations en trois ans. Mais, celles-ci ont été tirées en longueur, les délais fixés n’étant jamais respectés tant les divergences entre les pays membres étaient criantes.
Certains pays ont argué que les besoins de développement des pays en développement n’ont pas été pris en compte et que les pays industrialisés et autres économies émergentes se sont évertués à discuter de leurs propres intérêts dans des réunions de groupes sélects hors des périmètres de l’OMC, se concentrant sur des questions touchant principalement l’agriculture et les tarifs industriels. Malgré tout, les principaux acteurs de l’économie mondiale ne sont pas parvenus à s’entendre sur nombre de dossiers. Toutefois, on laisse entendre qu’il y a plusieurs facteurs qui pourraient forcer les pays membres de l’OMC à chercher une issue au Doha Round lors la conférence de Bali. Les membres de l’OMC, soutient un spécialiste du dossier des négociations multilatérales, ont intérêt à dégager une approche commune dans le sillage de la crise économique globale. La crédibilité du système commercial multilatéral étant en jeu, tout échec de la prochaine conférence ministérielle risque d’affecter le système commercial, fait-on ressortir. Par ailleurs, il est estimé que maintenant que les États-Unis n’ont plus à se préoccuper des élections présidentielles, ils jetteront tout leur poids dans la conclusion du Doha Round.
Cependant, un enjeu de taille retient l’attention des pays membres de l’OMC en ce début d’année : l’élection d’un nouveau directeur général de l’organisation pour succéder à Pascal Lamy. D’intenses transactions sont prévues en marge de cette élection. À ce jour, neuf candidats de différents continents sont en lice pour prendre le relais pendant les quatre prochaines années. Le continent africain a deux candidats, un Kenyan et un Ghanéen. L’Union africaine ne s’est pas prononcée sur la candidature qu’elle appuiera pour cette élection à la direction générale de l’OMC.