Le secrétariat du Commonwealth, en collaboration avec le Programme de gouvernance économique mondiale de l’Université d’Oxford, Royaume-Uni, a lancé cette semaine à Genève, au siège de l’Organisation mondiale du commerce, un guide pratique devant permettre aux pays en développement, en particulier les petits États, de tirer le meilleur parti des négociations commerciales. Présent à ce lancement, Assad Bhuglah, directeur de la Trade Policy Division au ministère des Affaires étrangères et du Commerce international, a déclaré que « l’ouvrage offre une lueur d’espoir aux négociateurs des petits pays en développement ».
Le guide, intitulé « Against the Odds : A guide to Trade Negociations for Developing Countries », a suscité plusieurs mois de recherches, de discussions et de sessions de travail de la part de l’auteur de la publication, le Dr Emily Jones de l’Université d’Oxford. Cette dernière a fait référence à plusieurs ouvrages, dont celui réalisé par Assad Bhuglah et publié en 2004, « A Handbook on Trade Negociations for Small Island Developing States ». Le directeur de politique commerciale au ministère des Affaires étrangères et du Commerce internationale était sur le panel des présentateurs du guide à Genève, cérémonie à laquelle ont assisté des décideurs, négociateurs commerciaux et des experts de plusieurs pays. Le guide, souligne le secrétariat du Commonwealth, fournit des conseils et des leçons pour renforcer la capacité des pays en développement à négocier efficacement en vue d’assurer une croissance et un développement durables.
Assad Bhuglah a soutenu que le guide est d’abord un outil pratique pour les négociateurs. Même les plus expérimentés vont pouvoir l’utiliser comme document de base pour préparer leurs dossiers et stratégies. « Cet ouvrage offre une lueur d’espoir aux négociateurs petits États car quand ils sont assis à la table des négociations ils ont tendance à croire qu’ils sont dans une position désavantageuse en raison des faiblesses inhérentes et de la taille de leurs pays respectifs. Le guide démontre que les petits pays en développement peuvent toujours influencer l’issue des négociations internationales ou bilatérales à condition qu’ils soient bien préparés et sachent utiliser avec dextérité les tactiques de négociation », a-t-il fait ressortir.
Assad Bhuglah a soutenu que toute négociation requiert une préparation méticuleuse qui peut représenter des semaines voire des mois de travail. Le négociateur, a-t-il poursuivi, doit non seulement recueillir le maximum de données mais savoir identifier les intérêts de son pays et ceux du négociateur en face de lui. Cependant, Assad Bhuglah reconnaît que les petits États peuvent faire face à de multiples contraintes dans la préparation des négociations commerciales, dont celui de ressources humaines et capacités financières imitées. « The negotiators of small countries must endeavour to build strength on the basis of quality rather than quantity », a suggéré Assad Bhuglah.
L’auteur de la publication, le Dr Emily Jones a observé que l’influence d’un négociateur d’un petit pays n’est pas déterminée par l’étendue de la richesse du pays en question. Selon elle, « elle est déterminée par l’ampleur et la rigueur de vos préparatifs pour les négociations. Il faut savoir à quel moment il est préférable de se retirer des négociations. No deal is better than a bad deal ».
Esmond Reid, représentant permanent adjoint et ministre de la Jamaïque auprès de l’OMC à Genève a ajouté : « Dans toute négociation commerciale, il est primordial de soutenir par les objectifs de développement. Le développement peut signifier beaucoup de choses différentes pour différentes personnes. Pour certains, une nouvelle autoroute du développement, pour d’autres un secteur des services plus développé ou encore passer d’un marché à forte intensité de main-d’oeuvre à un marché à capitaux intensifs. Le développement est un processus complexe et il doit être tenu en considération dans tous les aspects des négociations ».
La préparation du guide a suivi un processus d’évaluation rigoureux par des universitaires et des experts. Il est plein d’études de cas et des idées sur la préparation tactique des négociations. L’ouvrage s’appuie sur les expériences de plus d’une centaine de négociateurs des pays en développement. Il contient des études de cas pour illustrer les approches et les tactiques que les petits pays peuvent utiliser, même lorsqu’ils sont confrontés à un manque de ressources financières et humaines, ou à des tactiques de pression des plus grands pays.