Le coup d’envoi de la réunion tripartite en vue du paiement de la compensation salariale pour l’année écoulée se tient cet après-midi sous la présidence du VPM et ministre des Finances. « J’espère que nous aurons la collaboration de tout le monde, aussi bien que des représentants des syndicats et du patronat au moment où nous entrons dans ces négociations afin que ce soit Maurice qui sorte gagnante », a déclaré au Mauricien Xavier-Luc Duval.
Le ministre des Finances explique que la réunion du jour sera consacrée à la situation économique tant sur le plan local qu’international et aux propositions des syndicats et du patronat. Le gouvernement ne compte pas faire de propositions à ce stade. « Les représentants des différentes parties prenantes (syndicats, patronat et gouvernement) auront la possibilité de s’exprimer aujourd’hui. Je ferai un exposé du point de vue du gouvernement sur la situation locale et internationale. Les sept représentants syndicaux seront là et auront droit à la parole de la même manière que les sept dirigeants de l’industrie locale », souligne le ministre des Finances.
À compter de demain, des comités se pencheront sur les suggestions faites de part et d’autre. Un comité technique rédigera un rapport qui sera présenté lors d’une session plénière. « J’espère que nous aurons la collaboration de tout le monde alors que nous entrons dans ces négociations et que Maurice en sortira gagnante », déclare Xavier-Luc Duval. Le ministre se dit confiant qu’avant la fin de la semaine prochaine le rapport sera finalisé et que le taux de la compensation salariale sera connu.
Le Conseil des Syndicats (CDS) était en concertation afin d’arrêter un barème commun pour leur proposition en ce qu’il s’agit de la compensation pour les salariés du secteur privé uniquement. Avec la publication des recommandations salariales confiées au Pay Research Bureau cette année, les employés de la Fonction publique et des corps para-étatiques ne sont pas concernés. De ce fait, aucun syndicat de la Fonction publique ne se retrouvera à la table des négociations.
Syndicats : « Fighting mood »
Le CDS, regroupant le Mauritius Labour Congress, le Mauritius Trade Union Congress, la Confederation of Free Trade Unions et la Confederation of Independent Trade Unions, propose la somme de Rs 750 et un salaire minimal de Rs 15 000. « Comme pour les années précédentes nous sommes dans un fighting mood dans l’intérêt des travailleurs de Maurice. Nous demandons au gouvernement de prendre en considération l’augmentation des prix dans cet exercice pour déterminer la compensation salariale et surtout qu’il n’y ait aucune forme d’exclusion dans le paiement de la compensation. Nous réclamons une meilleure distribution des richesses et lançons un appel au patronat de ne pas recourir à des arguments de mauvaise foi pour contourner le paiement de la compensation », indique Toolsyraj Benydin, président sortant du CDS et un des porte-parole syndicaux pour les tripartites de cet après-midi.
« Les travailleurs ont perdu leur pouvoir d’achat ces dernières années et cela doit être pris en considération. L’on ne peut venir dire qu’il n’y a pas suffisamment de fonds à Maurice pour la compensation salariale vu que toutes les indications économiques internationales démontrent que le pays est florissant. Même Moody’s a upgraded notre pays ! » prévient le syndicaliste Haniff Peerun, représentant du Mauritius Labour Congress.
De leur côté, Reaz Chuttoo et Jane Ragoo, dirigeants de la Confédération des travailleurs du secteur privé (CTSP), souhaitent voir l’allocation d’une compensation salariale de Rs 500 complétée par une participation aux profits des entreprises à hauteur de 3 %. Chez les animateurs de la CSG-Solidarité, l’on juge impératif qu’un sous-point soit inséré à l’agenda. « We believe it imperative that at least one sub-item be inserted on the agenda on the meeting convened by you. Given that it is a Tripartite Meeting with three equal stakeholders, we are exercising our right to propose a modification to the agenda proposed by you. We propose the insertion of a sub item entitled : “To discuss and determine a national minimal salary, which shall be used to determine the yearly salary compensation to be paid in 2013 and thereon” », indiquent les syndicalistes dans un mémoire à Xavier-Luc Duval. Selon le CSG-Solidarité, l’insertion de ce point à l’ordre du jour est essentielle ; ce point étant l’un des deux éléments fondamentaux qui doivent être utilisés pour déterminer la compensation salariale des travailleurs. Et d’ajouter qu’un salaire minimal national ouvre la voie vers une société plus juste et plus équitable, soit en ligne avec la campagne mondiale vers un salaire décent.
Toutefois, l’exercice de cet après-midi n’est qu’une mise en jambe et rien de définitif tombera à l’issue de la rencontre. Selon le calendrier établi, un comité technique devrait être mis en oeuvre en vue de passer à la loupe les projections du taux d’inflation pour 2012. Tout semble indiquer qu’avec les conclusions de l’instance technique, le gouvernement devrait être en mesure de fixer le quantum de compensation salariale.
MEF : « Pas de compensation across the board »
Pour sa part, le président de la Mauritius Employers’Federation, Clency Appavoo, a expliqué que tous les capitaines des différents secteurs industriels seront présents à la réunion d’aujourd’hui. Chacun fera le point sur la situation dans son secteur spécifique et selon les paramètres dans lesquels ils opèrent. « Nous sommes d’accord avec le principe d’une compensation mais pas across the board », a-t-il fait comprendre. « La situation économique est telle que certaines entreprises sont plus en difficultés que d’autres. La visibilité sur les principaux marchés, en particulier la France, est sombre. Toutes ces questions doivent être prises en compte et seront évoquées cet après-midi. » Soulignons que le taux d’inflation à Maurice pour cette année est estimé à 4,5 % par la Banque de Maurice.